Parole d'investisseur : quels critères font pencher la balance ?

Publie le 14 Janvier 2019 18:30

Vous allez présenter votre start-up devant des investisseurs ? Ecoutez attentivement les conseils de Julien Tripet, entrepreneur et Business Angel.  

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours en deux lignes ? 

  Business Developer et Manager dans l’industrie de la santé pendant 10 ans en Asie ; j’ai ensuite créé Jeanuine, une société de mass-customisation dans le jeans. Business verticalement intégré lancé en B2C puis développé en B2B pour de grands comptes textiles. Société cédée à un groupe Américain. Business Angel et Advisor pour de jeunes pousses depuis 5 ans.

 

Sur quoi fondez-vous votre première impression lors de la présentation d’un projet ?

 En phase d’amorçage la première impression est avant tout humaine : le profil des porteurs par rapport au projet, l’assurance lors de la présentation, la clarté de l’information. J’insiste sur ce dernier point car il est primordial. Un acteur extérieur au projet n’a pas le même niveau de compréhension que les porteurs qui travaillent dessus depuis des mois. La présentation doit être synthétique et compréhensible par n’importe qui n’ayant pas d’expérience dans ce secteur particulier. Il faut vulgariser afin de susciter la compréhension et l’intérêt immédiat.

 

Quelles sont les différences fondamentales entre l’investissement dans une start-up et l’investissement dans une entreprise développée ? 

 Premièrement le niveau de risque. Soutenir financièrement une start-up en phase d’amorçage est extrêmement risqué pour l’investisseur étant donne le niveau de maturité et l’absence relative de visibilité des start-ups. Deuxièmement le fondement même de l’acte d’investissement est diffèrent : dans une start-up, un investisseur permet à un produit ou un service de voir le jour avant même de valider que celui-ci sera viable ou rentable ; dans une entreprise développée l’investisseur va permettre une croissance ou une diversification d’une activité en général déjà rentable ou au moins viable.

 

Quelles sont les 3 qualités à réunir absolument pour déclencher votre intérêt ? 

  • Une innovation claire par rapport a la concurrence, ou à défaut un « avantage injuste »
  • Une ambition de performance mesurée
  • Un niveau minimum de maturité du projet (POC ou test client au minimum)

 

Quelle serait pour vous une erreur rédhibitoire lors de la présentation ? Avez-vous un exemple ?

 Le manque de clarté pour expliquer le projet. Si je ne comprends pas le produit ou le service en quelques minutes, c’est fini. J’ai malheureusement beaucoup d’exemples ! Un conseil : validez votre présentation auprès d’un auditoire néophyte avant de la dérouler auprès d’investisseurs. N’importe qui sans aucune exposition au secteur ou au produit en particulier doit pouvoir comprendre de quoi il s’agit sur la base de la seule présentation. Votre auditoire n’est pas expert comme vous l’êtes !

 

Sur quels critères se joue généralement votre décision finale ?

 Un mix de critères objectifs et d’intuition :

  • La maitrise du sujet par les porteurs doit être évidente, voire bluffante : connaissance des chiffres, du marché, expérience…
  • La traction doit également évidente : quelles réussite(s) probante(s) depuis le lancement
  • Une ambition mesurée : il est important d’être ambitieux, mais dans des proportions réalistes, à ne pas confondre avec l’arrogance.
     

 

Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs n’ayant pas encore réussi à lever de fonds ? 

La levée de fonds n’est pas une fin en soi. Cela doit être un levier pour accomplir un objectif plus ambitieux. Travaillez d’abord la base : conception du produit/service, test marché, acquisition client. Une start-up est d’autant plus attractive qu’elle a déjà prouvée une certaine viabilité sans besoin de fonds extérieurs.

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