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Réussir sa levée de fonds : notre cabinet vous dit tout

Pour financer votre projet, lancer votre business ou accélérer votre croissance, il est important de comprendre les différents enjeux spécifiques à la levée de fonds. En quoi consiste une levée de fonds ? Quelles sont les différentes étapes ? Quels sont les différents types de levée de fonds ? Quelles erreurs éviter et quels sont nos conseils pour une levée de fonds réussie ? C’est ce que nous allons voir au cours de ce guide complet de la levée de fonds que tout entrepreneur devrait lire.

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Qu’est-ce qu’une levée de fonds ?

 

A. Quelle est la définition d’une levée de fonds?

1. Définition

La levée de fonds est un financement externe non-bancaire, qui s’effectue auprès d’investisseurs. Les entreprises qui s’aventurent dans un processus de levée de fonds décident donc de faire rentrer des investisseurs dans le capital de la société afin de voir grossir de leur capital. En contrepartie de leur apport en capital, les investisseurs acquièrent une prise de participation dans le capital social de l’entreprise.

 

2. Avantages et inconvénients

L’apport en capital est un type de financement assez avantageux puisqu’il y a ni charge ni remboursements des fonds étant donné qu’il s’agit d’un apport (et non d’un emprunt). Le renforcement des fonds propres est d’ailleurs très favorable pour l’image de l’entreprise, laissant paraître une santé financière solide. De plus, l’apport en capital peut être une bonne solution pour financer l’incertain, car les banques ont souvent du mal à financer des projets incertains et/ou des éléments immatériels. 

Par contre, le retour sur investissement (ROI) exigé par les investisseurs est assez élevé ce qui revient à un certain coût pour l’entrepreneur. À noter également un partage de la valeur créée par la société étant donné que l’investisseur acquiert des parts de la société. La perte relative de contrôle est d’ailleurs un autre aspect qui peut être contraignant.

 

3. Pour quelles entreprises?

Ce sont notamment les start-ups à fort potentiel de croissance et les entreprises innovantes qui ont recours à ce mode de financement. Si vous souhaitez par exemple ouvrir une boulangerie, le financement en capital n’est peut-être pas la bonne solution, un emprunt auprès d’une banque sera sûrement plus adapté.

 

B. Pourquoi lever des fonds ?

 

Durée d’une levée de fonds

 

Lorsque l’on parle de levée de fonds cela sous-entend un besoin de financement. Avec un renforcement des capitaux propres, la levée de fonds est parfois l’une des meilleures solutions pour convaincre plus facilement les banques afin d’obtenir un emprunt. En effet, plus les capitaux propres sont importants, plus la santé financière de l’entreprise parait stable et donc plus le montant demandé auprès de sa banque peut être élevé.

Mais quel est le moment idéal pour démarrer un processus de levée de fonds ?

Tout d’abord, lever des fonds est une tâche fastidieuse qui se révèle souvent très consommatrice de temps. On vous conseille d’ailleurs de prévoir 6 à 9 mois entre le moment où vous allez entamer la chercher d’investisseurs et le moment où vous allez recevoir les fonds.

 

Pour vous aider à répondre à la fameuse question de « quand est-ce qu’il faut lever des fonds ? », nous vous avons listé plusieurs moments dans la vie d’une entreprise où la levée de fonds peut être envisagée.

 

  • Avant la création de votre entreprise

Beaucoup d’entrepreneurs ont besoin de lever des fonds avant même que l’entreprise soit créer afin d’effectuer des tests, des études ou encore des prototypes. Sachez que cela est tout à fait possible et que de nombreuses options s’offrent à vous. Les subventions de l’état, la love money (l’argent de votre entourage), le crowdfunding ou encore les concours d’entrepreneuriat sont autant de recours de financement auxquels vous pouvez prétendre. D’ailleurs, tous ces types de financement ont un point commun : un avantage financier et stratégique indéniable. En effet, en ayant recours à l’une de ces méthodes de financement,. vous gardez une totale liberté en ce qui concerne le contrôle sur votre entreprise puisque  vous n’ouvrez pas le capital de votre entreprise à des investisseurs.

 

  • Lors de la création de votre entreprise

 

Lors de la création d’une entreprise, les dépenses s’additionnent et il n’est pas rare qu’un entrepreneur ai besoin de fonds durant cette période.

L’autofinancement n’est pas une méthode de financement suffisante pour les débuts de votre projet ? Pas de panique, la levée de fonds est tout à fait envisageable ! C’est d’ailleurs le but du capital-risque ou du capital amorçage qui interviennent pendant cette phase.

Les fonds de capital-risque (Venture Capital) investissent généralement dans de jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance. Les capital-risqueurs  ont donc des exigences élevées du fait de la prise de risque.

Les fonds de capital-amorçage interviennent dès la phase de création d’entreprise (voir même un peu avant) et servent principalement à couvrir les frais liés à la mise en œuvre du projet.

 

  • En phase de développement

 

Enfin, la phase de développement d’un projet est sans doute la plus coûteuse. Il s’agit donc du moment le plus probable où vous allez avoir besoin de fonds et donc potentiellement d’avoir recours à un financement.

Généralement, une levée de fonds au cours de cette période vous permettra de créer un nouveau produit, d’accélérer votre croissance et pourquoi pas d’étendre votre concept sur de nouveaux marchés.

 

En résumé, il est possible de lever des fonds à n’importe quel moment car un besoin de trésorerie peut survenir aussi bien avant la création de l’entreprise, pendant ou après (pour le développement).

 

C. Quelles sont les différentes étapes d’une levée de fonds ?

La levée de fonds est un processus long et fastidieux qui demande une grande préparation en amont. Mais quelles sont les principales étapes préalables à l’apport en capital au sein de votre société?   

 

  • Bien réfléchir à votre projet

Avant toute chose, nous vous conseillons de vous poser un petit moment et de bien réfléchir à votre projet, à la stratégie et au business model envisagé. Continuez à en parler à votre entourage, partagez votre idée avec votre réseau professionnel et personnel et une fois que vous êtes convaincu par votre projet, posez-vous les bonnes questions en matière de financement à savoir :

  • Quel est mon besoin de financement ?
  • A quoi vont servir ces fonds ?
  • Quand ai-je besoin de ces fonds ?
  • Ai-je conscience des conséquences de la levée de fonds sur mon entreprise ?
  • Quelle stratégie de sortie proposer aux investisseurs ?

 

  • La rédaction du Business plan

Pour répondre à ces questions et confirmer le potentiel de votre projet, rien de mieux que la rédaction de votre business plan.

 

  • La recherche des investisseurs

Une fois le dossier entièrement rédigé, il convient de chercher des investisseurs qui serraient potentiellement intéressés par votre projet. Pour cela, à vous de faire un travail de ciblage afin de contacter seulement ceux qui s’intéressent à votre secteur d’activité. Inutile de contacter en masse tous les fonds car il s’agit d’une perte de temps.

 

  • La préparation des rendez-vous

 

Si votre recherche d’investisseurs s’avère fructueuse, vous serez recontacté et il vous sera proposé un rendez-vous. Le premier rendez-vous est décisif car c’est à ce moment-là que vous devriez savoir si l’investisseur en question vous suis (ou pas) dans votre projet.

À vous d’être convainquant et incollable sur les questions qui vous seront posées. Pour cela, vous devez impérativement préparer les rendez-vous ! Par exemple, il est essentiel que vous appreniez les chiffres clés de votre business plan afin d’appuyer vos propos lors des futures discutions avec des investisseurs. Anticipez également les questions qui pourront vous être posé afin d’être le plus performant possible lors des rendez-vous.

 

  • La négociation avec les investisseurs

 

La partie négociation est sans doute l’une des étapes les plus importantes car gardez en tête que la levée de fonds est avant tout un exercice de vente.

Rasmus Michau, entrepreneur à succès et fondateur de BonjourBonjour a déjà réalisé plusieurs levées de fonds c’est pourquoi il a décidé de vous partager son expérience et vous donne de nombreux conseils notamment à propos de la négociation.

 

  • La préparation des documents

 

La préparation des documents est la dernière ligne droite car il s’agit du moment où vous avez réussi à convaincre un investisseur. Félicitations !

L’investisseur va donc vous remettre une lettre d’intention après quoi vous aurez puis une série d’audit. Enfin, la signature du pacte d’actionnaires marquera la dernière étape avant de recevoir vos fonds.

 

D. Quels sont les changements opérés par une levée de fonds ?

Avant d’entamer un processus de levée de fonds, vous devez être averti des changements positifs et négatifs que cela engendre.

 

1. Sortir de l’isolement et échanger avec des personnes expérimentées

Comme expliqué précédemment, le choix des investisseurs ne se fait pas au hasard. Bien au contraire, vous devez ciblez des investisseurs intéressés par votre secteur d’activité. Ainsi, avoir un investisseur ayant des connaissances dans votre domaine d’activité est particulièrement bénéfique pour vous car il pourra vous aider en cas de doute et vous accompagner dans la prise de décisions stratégiques. Vous pourrez également rencontrer de nouvelles personnes du même secteur d’activité que vous grâce au réseau des investisseurs que vous aurez choisi.

 

2. Vous avez de nouveaux associés

En investissant en capital, le ou les investisseurs deviennent également associés de votre entreprise. Cela peut être positif si vos points de vue sont similaires et si les connaissances personnelles apportés par vos investisseurs vous aident à faire croitre votre business. Toutefois, il faut vous assurer d’une bonne entente avec vos futurs investisseurs et être prêt à écouter l’avis d’autres personnes car vous ne serez plus le seul à contrôler. Vous comprenez donc pourquoi le choix des investisseurs est crucial.

 

3. Un coût à prévoir

Selon la somme investie en capital, les exigences de vos investisseurs et les perspectives de croissance de votre société, la levée de fonds peut avoir un sérieux coût (ROI).

Si vous avez besoin d’un petit montant, nul besoin d’avoir recourt à une levée de fonds d’autant plus qu’un faible montant de levée de fonds engendre un pourcentage de rémunération plus élevé pour les investisseurs. Dans ce cas-là, favorisez plutôt la love money ou les subventions de l’État.

Quels sont les différents types de levée de fonds?

Vous avez un besoin de financement et vous avez opté pour une levée de fonds ? Dans ce cas-là, plusieurs options s’offrent à vous ! Il existe notamment le « coup d’accordéon », l’investissement Early Stage, le modèle « Media for Equity », le financement participatif ou encore le financement par royalties. Pour vous aider à choisir la méthode de financement qui correspond au mieux à votre besoin, nous allons ainsi passer en revue l’ensemble de ces types de financement.

 

A. Le coup d’accordéon

1. Qu’est ce que c’est?

Le coup d’accordéon est une opération financière envisagée lorsque la différence entre le montant des fonds propres et le capital social de la société est trop grande. Généralement, on considère que l’écart est trop important lorsque le capital social est au moins deux fois plus élevé que les fonds propres. Ce mécanisme financier s’adresse principalement aux SARL et aux autres sociétés par actions.

 

2. Quelle est la différence entre le capital social et les capitaux propres?

Pour effectuer parfaitement ce mécanisme du « coup d’accordéon », il convient tout d’abord de bien comprendre la différence entre le capital social et les capitaux propres.

Le capital social désigne le montant des richesses apportées par les associés de l’entreprise et se situe au passif du bilan. Les apports peuvent être en numéraire, en nature ou en industrie. Les capitaux propres(aussi appelés « fonds propres ») correspondent plus globalement à l’ensemble des ressources de l’entreprise et comprennent le capital social, les réserves, le report à nouveau et le résultat de l’exercice.

Les capitaux propres sont donc en quelque sorte un ensemble de plusieurs éléments du passif du bilan de la société dont le capital social.

 

3. Comment et pourquoi réaliser le mécanisme du coup d’accordéon?

Nous allons vous résumer les différentes étapes à suivre si vous souhaitez effectuer un « coup d’accordéon » sur votre société. Sachez toutefois que vous pouvez vous référer à l’article L223-42 du code du commerce qui définit le coup d’accordéon d’un point vu légal.

  • La première étape consiste à réduire votre capital. La société est ainsi tenue de procéder à la réduction de son capital social d’un montant au moins équivalent aux pertes qui n’ont pas pu être imputées aux réserves.
  • Pour la seconde étape, il convient de réaliser cette fois-ci une augmentation de capital de votre société pour donner suite à la perte de capital social. À partir de ce moment-là, de nouveaux associés font partie de votre entreprise c’est pourquoi diverses opérations doivent être effectuées telles qu’une augmentation de la valeur nominale des parts sociales, émettre de nouvelles actions, assister aux AGO et effectuer un procès-verbal, publier un avis de modification de statuts ou encore déposer un dossier de modification statuaire.

Un coup d’accordéon peut donc être la source d’un changement de contrôle de la société, mais c’est surtout un outil qui a beaucoup de force et qui permet d’éviter la dissolution d’une société en lui réinjectant du capital.

 

B. L’investissement Early stage

1. Qu’est ce que c’est?

Un investissement « Early stage » est un investissement qui finance les premières activités des start-ups.Lorsque l’on parle des débuts d’une entreprise, on pense aux périodes de test et donc à la création d’un MVP (minimum viable product) et aux études de marché.

Mais c’est aussi la prospection en BtoC ou en BtoB, le lancement d’une campagne marketing, des investissements dans du matériel de production ou des locaux… Et tout ceci coûte cher, c’est pourquoi un financement interne ne suffit pas toujours.

2. Quels sont les différents stades d’avancement de l’investissement early stage?

L’early stage se décompose en trois stades d’avancement : pré-seed, seed, et série A.

  • PRÉ-SEED : Cette étape désigne généralement une équipe et une idée. À ce stade-là, la fourchette d’investissement est de 100K€ à 300K€ et les fonds servent généralement à financer les premiers tests et de procéder à des recrutements pour développer l’idée.
  • SEED : Cette étape désigne une équipe et un produit. À ce stade-là, la fourchette d’investissement est de 300K€ à 3M€. Les fonds levés serviront à développer le produit et à l’améliorer en fonction des retours des premiers retours clients. C’est l’occasion d’aller voir des fonds de capital développement.
  • SÉRIE A: Cette étape désigne non seulement une équipe et un produit, mais aussi des revenus. À ce stade-là, la fourchette d’investissement est de 3M€ à 10M€ et sert à développer l’équipe de façon significative et à la structurer en introduisant une structure managériale efficace.

 

3. Quelle est la suite de l’investissement early stage?

Le stade suivant est la série B qui consiste à dépasser le stade de développement pour élargir la portée commerciale et obtenir une vision claire du futur de l’entreprise.

S’en vient ensuite la série C où l’objectif des investisseurs est d’injecter du capital au sein des entreprises les plus performantes dans le but de doubler leur investissement initial.

 

C. Media for Equity

1. Qu’est ce que c’est?

Le Media for Equity est un modèle de capital-investissement originaire de la Scandinavie, fortement adopté par l’Allemagne et la Suède. Ce modèle consiste à octroyer des espaces publicitaires dans les médias de premiers plans aux sociétés encore peu connues en échange d’une prise de capital. C’est donc en quelque sorte un système de troc assez différent des levées de fonds classiques puisque dans ce cas-là, les entreprises ne reçoivent pas de cash, mais plutôt de la notoriété qui les aideront à décoller. Le but du Media Equity est donc d’aider les sociétés innovantes à se faire connaître.

 

2. À qui s’adresse ce financement?

Ce type de financement s’adresse principalement aux entreprises B2C en forte croissance. Les investisseurs favorisent en effet les entreprises ayant déjà une certaine traction avec des produits/ services qui plaisent déjà à un certain type de client. Le profil d’entreprise recherché par ces investisseurs est donc des sociétés en phase d’accélération plutôt que celles en phase d’idée/ d’amorçage.

 

3. Quels sont les avantages et les inconvénients du Média for Equity?

Ce type de financement offre plusieurs avantages, mais aussi quelques inconvénients à l’entrepreneur.

Le premier avantage indéniable pour l’entreprise est l’acquisition d’une grande notoriété.

De plus, le personnel de ces nouveaux types de fonds est souvent composé d’experts en matière de communication et en entreprenariat c’est pourquoi l’entrepreneur pourra bénéficier de précieux conseils. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un service « donnant-donnant ». En prenant des parts dans le capital social de l’entreprise, l’investisseur va devenir associé à son tour. Cette dilution va donc impliquer les investisseurs dans les décisions de gouvernance de l’entreprise ce qui mène donc à une perte partielle de liberté de l’entrepreneur. Le second inconvénient pourrait être l’absence de fonds délivré à l’entreprise. En effet, il n’est pas rare que les sociétés faisant appel à ce type de fonds se trouvent dans une période de besoin de trésorerie ce qui engendrerait une potentielle nécessité de trouver une autre méthode de financement.

 

D. Le financement participatif – Le crowdfunding

1. Qu’est ce que c’est?

Le financement participatif, ou crowdfunding, est une méthode de financement qui consiste en un échange de fonds entre des individus. L’échange a lieu via l’une des nombreuses plateformes en ligne de crowdfunding où un grand nombre de personnes investissent des petits montants.

2. Quels sont les différents types de crowdfunding?

En matière de financement participatif, on ne parle pas d’un crowdfunding, mais de plusieurs crowdfunding. En effet, il existe un modèle différent pour chaque situation d’entreprise :

  • Le financement participatif par dons: Il s’agit là du mode le plus ancien qui ne fait que dématérialiser les processus classiques de demande de fonds.
  • Le financement participatif par prêt: C’est un financement assez complexe, car le cadre réglementaire limite largement la rémunération des prêts réalisés par des particuliers.
  • Le financement participatif par prévente: Aussi appelé le « don-contrepartie » ou « financement participatif par récompense », il s’agit du type de financement le plus commun. Celui-ci s’adresse principalement aux entreprises souhaitant développer un produit/ service innovant ou pour celles qui ont déjà une clientèle fidèle.
  • Le financement participatif par actions: Ce type de financement permet de vendre des participations au capital. Les plateformes facilitent alors la rencontre entre un entrepreneur et un investisseur et assurent la gestion des aspects juridiques ainsi que le transfert des fonds.
  • Le financement participatif par royalties : Il s’agit d’un financement innovant et hybride entre le prêt et l’investissement par capitaux. Mais comment cela fonctionne ? Concrètement, les investisseurs touchent une partie du chiffre d’affaires du projet financé ce qui signifie que plus votre entreprise est bénéficiaire, plus l’investisseur est gagnant. Pour en savoir plus sur l’investissement en royalties, nous vous suggérons de lire l’article réalisé en collaboration avec WE DO GOOD, une plateforme française d’investissement en royalties.

 

3. Quels sont les avantages et les inconvénients du crowdfunding?

Le crowdfunding propose de nombreux avantages, notamment la rapidité. En effet, le processus est relativement rapide (moins de 3 mois) et assez « souple «  pour lever des fonds sans frais initiaux. Un autre avantage indéniable à ce type de financement est l’absence d’intervention des « actionnaires » dans le processus de décision de l’entreprise. En outre, ce type de financement peut s’avérer très intéressant pour améliorer sa notoriété, car les plateformes de crowdfunding permettent de faire connaître son entreprise, que des particuliers parlent de nous mais également de se faire connaître des médias. Cet avantage a été relevé notamment par Amélie Prat, la co-fondatrice de Goût’Chou, un concept de boutique traiteur pour enfants et plus particulièrement pour bébés. Nous vous conseillons d’ailleurs de consulter son interview lors de laquelle elle vous partage son expérience d’entrepreneur afin d’en savoir plus sur le crowdfunding.

Vous l’aurez compris, le crowdfunding présente beaucoup d’avantages, mais il faut avoir en tête les inconvénients de ce financement. Rassurez-vous, il ne sont qu’au nombre de deux… Le premier point négatif est relatif au coût de ce financement. En général, les commissions sont assez élevées (parfois supérieurs à 12%) c’est pourquoi vous devez y penser avant de vous lancer dans le crowdfunding. Le deuxième inconvénient concerne les outils de crowdfunding à savoir les plateformes à partir desquelles sont réalisées les transactions. Attention, car elles peuvent être de qualité variable. Nous vous conseillons donc de bien vous renseigner avant de choisir telle ou telle plateforme de crowdfunding.

 

Pour davantage de renseignements à ce sujet, nous vous recommandons de lire cet article qui explique les clés du crowdfunding à travers l’expérience d’Hervé LEBERRE de SunWaterlife.

 

E. Le LBO

1. Qu’est ce que c’est?

Un fonds LBO (Leverage Buy Out) est un fonds d’investissement qui finance des projets à partir d’un emprunt et via un montage financier.

 

2. Quelles sont les modalités du montage financier?

Le LBO est un montage financier assez complexe qui se décompose de la façon suivante :

  • ÉTAPE 1: Création d’une holding (« Newco ») entre actionnaires financiers (souvent des fonds d’investissement) et les repreneurs (management actuel ou nouveau – MBO/MBI)
  • ÉTAPE 2: Recours par la Newco à un emprunt bancaire ou obligataire pour acquérir l’entreprise
  • ÉTAPE 3: L’entreprise verse des dividendes à la Newco qui rembourse l’emprunt

Le LBO devrait donc dégager des flux positifs de trésorerie qui permettront de distribuer des dividendes.

 

3. Quels sont les avantages et les inconvénients du LBO?

Tout d’abord, le LBO est une solution pour la transmission d’entreprises avec une mise de fonds faible. Ce montage financier est par ailleurs source de 3 effets de leviers positifs à savoir financier, fiscal et social. L’effet de levier financier consiste à la création de FCF (Free Cash-Flows) de la cible permettant de rembourser le capital et les intérêts des dettes bancaires via une remontée de dividendes vers la holding. À la sortie, les investisseurs récupèrent donc la valeur totale de la société moins les dettes bancaires résiduelles. L’effet de levier fiscal quant à lui repose sur une intégration fiscale qui s’avère avantageux pour le futur acquéreur. Enfin, le dernier levier, le levier social, met en avant l’implication des managers présents au capital. Cette notion souligne ainsi l’importante du rôle des repreneurs dans une opération de LBO.

Le LBO présente toutefois quelques inconvénients comme la plupart des financements. Premièrement, la dette ne permet pas de financer de nouveaux actifs. Deuxièmement, la pression sur la société et le management pour réaliser des objectifs de dividendes peut conduire à des restructurations ou à un ralentissement des investissements. Enfin, il ne faut pas exclure le risque de défaillance si la valorisation et donc la dette sont trop élevés.

Comment parvenir à lever des fonds efficacement?

Pour parvenir à lever des fonds avec succès, un travail de longue haleine vous attend…

Vous devrez tout d’abord faire une thèse d’investissement, puis un business plan, motiver votre équipe et montrer des associés soudés, préparer un pitch, vous entrainer et enfin parler avec vos investisseurs.

 

A. Faire une thèse d’investissement

Avant de chercher à lever des fonds, une startup doit obligatoirement travailler sur sa thèse d’investissement. Une thèse d’investissement est un document écrit qui recommande un nouvel investissement étayé par des recherches et des analyses et permet ainsi d’aider les investisseurs dans leur choix d’investissement.

 

Généralement, une distinction est faite entre la thèse d’investissement pour les investisseurs et la thèse d’investissement pour une startup. Mais laquelle ? Il s’agit en réalité d’une différence concernant les thématiques abordées dans chacune des thèses.

  • La thèse d’investissement pour les investisseurs (les fonds) peut être déclinée en plusieurs caractéristiques à savoir :
  • Le niveau de maturité des entreprises
  • Leur marché
  • Leurs clients
  • Leur modèle économique
  • Leurs technologies
  • Leurs impacts environnementaux
  • Leurs équipes
  • La thèse d’investissement pour les startups, quant à elle, évoque les sujets suivants :
  • Le modèle économique
  • La bible de clientèle
  • Les différents moyens mis en œuvre
  • Les valeurs

 

Ainsi, faire une thèse d’investissement est essentiel pour trouver votre ou vos investisseurs. Il est évident que vous ne pouvez plaire à tout le monde avec votre thèse tout simplement parce que des investisseurs ne s’intéressent pas à votre type de business. Mais ce n’est pas grave, au contraire, vous devez être honnête et précis dans la rédaction de votre thèse afin de cibler les bonnes personnes, prêtes à investir dans votre entreprise.

Assurez-vous donc que les éléments que vous avez mentionné dans votre thèse sont pertinents et réfléchis, car c’est ce sur quoi vont se baser les investisseurs pour savoir si oui ou non votre projet les intéresse.

 

B. Faire un business plan

Le business plan est un document écrit qui raconte l’histoire de votre projet et démontre sa création de valeur et sa faisabilité. C’est en quelque sorte une feuille de route qui découle du business model de l’entreprise et permet de faire une évaluation de projet. Le business plan formalise par écrit les projections futures d’évolution de l’entreprise grâce à des analyses stratégiques (analyse de la concurrence, étude de marché, analyse du produit,…) et des prévisionnels financiers (Compte de résultats, Bilan, Tableaux de flux de trésorerie,…). Il démontre la création de valeur de votre projet et sa pérennité c’est pourquoi il s’agit d’un document essentiel pour convaincre des investisseurs et lever des fonds.

 

Lors de son interview, Jean Paul Chéno, fondateur de Cadénac (un cabinet d’accompagnement à la levée de fonds et de la croissance externe), vous explique en quoi le business plan est indispensable pour lever des fonds.

Ce diplômé de Polytechnique affirme ainsi qu’un entrepreneur qui viendrait se présenter auprès d’investisseurs sans business plan serait immédiatement stoppé et il lui sera demandé de revenir ultérieurement, muni dune V0 de son business plan. Même si votre société n’est pas encore créée, que vous n’avez toujours pas testé votre produit et que vous êtes toujours en phase d’idée, il est important de faire un business plan, car il vous aidera à structurer vos idées et à avancer. Alors allez-y, lancez-vous ! Ce n’est pas grave si votre première version est incomplète ou très approximative. Gardez en tête qu’un business plan évolue avec le temps. Comme le dit si bien Jean Paul Chéno : « On a toujours une V0 du business plan puis il change, car le contexte change. Les premiers mois, on ne respecte pas toujours son business plan, du coup on rédige une V1 au bout de 6 mois puis une V2 à un an. ».

 

Quelques conseils…

En ce qui concerne la forme de votre business plan, il est important que ce document soit structuré et qu’il donne envie de le lire. Comme pour Miss France, la forme compte autant que le fond pour un business plan c’est pourquoi vous ne devez surtout pas négliger la présentation. Gardez en tête que votre business plan doit refléter votre projet, à ce titre il doit être clair, lisible et  ordonné.

Nul besoin d’écrire des pages et des pages, le temps des investisseurs est précieux. Contentez-vous d’une trentaine de pages maximum et allez « straight to the point ». Une erreur classique est de rédiger un business plan trop technique qui deviendrait alors incompréhensible. Beaucoup d’entrepreneurs se perdent dans des explications de technologie utilisée par leur produit sur plusieurs slides ce qui généralement, n’intéresse pas ou très peu les investisseurs. Lors de la rédaction de votre plan d’affaires, il faut donc que vous preniez du recul et que vous vous posiez la question suivante : « Mon business plan est-il claire et compréhensible pour une personne qui ne connaît pas mon projet et non-experte en la matière ?».

Par ailleurs, comme nous l’avons dit précédemment, le business plan évolue avec le temps et les changements que vous effectuerez. Mais le business plan doit aussi s’adapter à votre interlocuteur, c’est pourquoi il est d’autant plus fréquent que votre business plan change. Par exemple, si vous souhaitez obtenir un prêt auprès d’une banque, il vous sera demandé de présenter la matrice SWOT dans votre business plan. Par contre, lors d’une levée de fonds, les investisseurs ne sont pas spécialement friands de cette analyse alors il est inutile de la joindre à votre plan d’affaires.

 

C.   Préparez un Pitch et entraînez-vous

Vous avez terminé votre business model et votre business plan est maintenant bouclé ? Félicitations, le gros du travail a été réalisé. Mais attention à ne pas négliger votre pitch, car il joue à 90% (si ce n’est plus) dans la décision finale de vos financeurs.

Le business plan est le document principal sur lequel vous devez vous baser pour effectuer votre elevator pitch. Aidez-vous tout particulièrement de l’Executive Summary pour mettre en avant seulement les éléments essentiels dans votre elevator pitch. Votre pitch est en fait un résumé de votre business planc’est pourquoi vous ne devez pas trop détailler votre projet. Soyez claire et concis. Les détails feront l’objet de questions qui vous seront plus tard.

 

Pour vous aider à réaliser votre pitch, Aymeric Raguet, jeune entrepreneur et cofondateur du projet “Sioou” ayant remporté le prix de la créativité lors du concours de pitch de l’EM Lyon, tient à vous transmettre 3 conseils de préparation de votre pitch.

 

  • Comme pour le business plan, ne parlez pas trop de la technique. Ce qui compte c’est à quoi votre produit sert. Les personnes intéressées viendront ensuite vous demander comment ça marche.

 

  • Faites d’abord le pitch et ensuite le Powerpoint. Ce dernier est simplement là pour illustrer vos propos : privilégier les images ou les mots clés. Pas trop de diapos, pour ne pas trop détourner l’attention de ce que vous dîtes.

 

  • Répétez, répétez et encore répétez ! Tout seul et devant des proches. Le risque de trop répéter est d’avoir un discours « robot », mais le timing très serré des pitchs rend l’improvisation très difficile.

    D. Mettre en avant une équipe soudée

Les investisseurs sont particulièrement friands d’une équipe dynamique et soudée, car l’esprit d’équipe booste la performance et la productivité. Edouard Gorioux, co-fondateur de Click&Boat, nous raconte d’ailleurs que c’est l’équipe qui a motivé ses investisseurs et qui leur a permis de lever 500K€.

Dès l’étape de rédaction de votre business plan, vous devez donc présenter une équipe motivée et soudée car il s’agit d’une condition sine qua non pour les investisseurs. Il est donc important de consacrer une ou deux slides de votre business plan à la présentation de l’équipe. Racontez brièvement le parcours de chacun, mettez en lumière les compétences complémentaires des membres de l’équipe puis, racontez comment l’équipe s’est rencontrée.

 

Lors des premiers rendez-vous avec vos investisseurs, n’oubliez pas de rappeler à quel point votre équipe est soudée. Montrez de l’enthousiasme et une envie collective de lancer votre projet. N’oubliez pas que dès les premières secondes, les investisseurs se feront une idée de votre démarche professionnelle, de votre qualité orale, mais surtout de la cohésion ou non de l’équipe. Alors préparez-vous-y.

L’étape des questions/réponses est une étape très importante lorsque vous présenterez votre pitch aux investisseurs, car c’est là qu’ils peuvent tester votre équipe. C’est donc le moment pour vous de montrer une bonne coordination de l’équipe, sa solidarité et son

implication. Attention à bien vous organiser quant aux prises de paroles. Il faut absolument vous répartir les rôles et les thématiques à présenter à l’avance afin de faire une présentation fluide et ordonnée. Gardez en tête que l’étape des questions/ réponses est avant tout une épreuve d’équipe !

E. Parlez à vos investisseurs bien en amont de votre besoin de financement

Pour préparer au mieux votre levée de fonds, vous devez impérativement parlez à vos investisseurs en amont et apprendre à les connaître.

Vous ne devez pas aller voir les fonds d’investissements quand vous avez besoin d’argent ! Sinon, vous n’avez plus le temps de tisser des liens de confiance entre vous et les fonds. De plus, vous êtes pieds et poings liés quand vous abordez les négociations du pacte d’actionnaires parce que vous n’avez plus d’alternative. Néanmoins, avec une relation de confiance, vous sécurisez et vous simplifiez votre négociation !

 

Prendre le temps discuter avec des investisseurs va ainsi vous permettre de faire le choix le plus juste possible quant à l’investisseur que vous souhaitez sélectionner pour financer votre projet. Pour rappel, l’investisseur sera votre futur associé c’est pourquoi il est important de bien connaître son interlocuteur. Au fil des discussions avec plusieurs entrepreneurs, vous pourrez ainsi comparer l’expérience de chacun dans votre domaine d’activité et ceux qui ont le plus de contacts pour vous accompagner dans cette aventure entrepreneuriale. Mais évitez de parler valorisation dès le premier rendez-vous.

La valorisation? Une étape incontournable pour une levée de fonds

 

A.  Pourquoi faire une valorisation?

Le chiffre d’affaires est une hypothèse clé du business plan qui peut se calculer de deux façons. Mais attention à ne pas commettre certaines erreurs qui pourraient fausser votre estimation. Vous devez ancrer vos hypothèses au maximum dans la réalité.

 

La première méthode consiste à partir des données du marché potentiel que vous avez estimé pour en dégager un nombre d’unités que vous pourriez vendre. Pour cela, vous devez donc vous baser sur des clients potentiels. Afin de déterminer le plus justement possible la demande potentielle pour le produit/service que vous souhaitez commercialiser :

  • Partez de la population totale et déterminez un pourcentage de cette population qui semble représenter la cible que vous visez. Cela vous permet ainsi de calculer ce que l’on appelle le marché total.
  • À partir de ce marché total, déterminez à nouveau un pourcentage de personnes susceptibles d’avoir accès à votre offre. Cela vous permet ainsi de trouver le nombre d’usagers potentiels.
  • Grâce à une enquête, il vous sera possible d’affiner ce chiffre et d’obtenir un chiffre d’affaires le plus juste possible.

Si je prends l’exemple d’un service de co-voiturage pour les seniors mon chiffre d’affaires estimé sera le suivant :

  • Population française = 67 millions

Personnes > 65 ans = 17,1%

Marché total = 11,5 millions

  • Les personnes susceptibles d’avoir accès à cette offre = les personnes de + de 65 ans utilisant Internet = 19%
  • Ce qui me donne le nombre d’utilisateurs potentiels
  • Enfin, si je prends en compte l’intérêt des clients potentiels (grâce à des sondages/ enquête) pour affiner mon chiffre j’obtiendrais le nombre d’utilisateurs envisagés pour déterminer le chiffre d’affaires.

 

La seconde méthode consiste à se baser sur un marché que vous avez déjà identifié de par la signature de contrat ou des négociations très avancées avec des clients. Dans ce cas-là, l’estimation du chiffre d’affaires est donc bien plus simple et sera plus juste.

 

B. Quelle méthode de calcul choisir pour valoriser mon entreprise?

 

Pour valoriser votre entreprise, deux options s’offrent à vous : la méthode des DCF et l’approche analogique (appelée aussi les multiples).

 

1. Quels sont les fondamentaux des deux méthodes?

La méthode des DCF (Disconted Cash Flows) repose sur le fait que la valeur de l’entreprise à un instant t est égale à la valeur actuelle nette des flux de trésorerie futurs générés.

Pour calculer la valorisation de votre entreprise selon cette méthode, vous avez donc besoin des flux déterminés dans le business plan et de la valeur terminale (soit les flux normatifs projetés à l’infini. Vous devez également déterminer le taux d’actualisation (aussi appelé le WACC) qui est le taux de rentabilité minimum que doivent dégager les investissements de l’entreprise pour que celle-ci puisse satisfaire les exigences de rentabilité des actionnaires et des créanciers.

 

L’approche par les multiples, quant à elle, part du principe que la valeur de votre entreprise est basée sur la comparaison faite avec d’autres entreprises du même secteur que la vôtre.

Cette méthode est plus simple que celle des DCF car il suffit seulement de constituer un panel de sociétés comparables (en fonction du secteur d’activité, de la taille, de la maturité, du positionnement géographique ou encore de la rentabilité dégagée. Pour effectuer maintenant la comparaison de votre société avec celles choisies précédemment, vous allez devoir choisir un multiple de comparaison qui peut être le CA, l’EBITDA, l’EBIT, le résultat net,…

 

2. Quels sont les avantages et inconvénients des méthodes présentées?

L’avantage principal des DCF est qu’il s’agit d’une approche très dynamique par rapport à celle des comparables. Par contre, l’approche des DCF présente un risque de surévaluation étant donné qu’il s’agit de « prévisions futures ». Cette méthode peut donc potentiellement fausser le montant de la valorisation au vu d’un optimisme débordant de certains entrepreneurs.

 

La méthode des multiples comparables, quant à elle, est assez simple et traduit une analyse actuelle en se basant sur les données du marché. Par contre, il est souvent reproché à cette méthode le fait qu’elle ne tienne pas compte des perspectives de l’entreprise. Tout comme la méthode des DCF, le montant de la valorisation pourrait être faussé selon la pertinence du panel.

 

3. Qui peut utiliser ces méthodes de valorisation?

Généralement, il sera conseillé aux sociétés en forte croissance et à celles ayant un fort actif incorporel d’utiliser la méthode des DCF. Pour les sociétés cotées ou les fonds de commerce, il sera toutefois préférable de favoriser l’approche analogique.

 

C. Quelle est la différence entre la valorisation pré-monnaie et post-monnaie

Lorsqu’il s’agit d’évaluer des entreprises en phase de démarrage, l’évaluation pré-money fait référence à la valeur des capitaux propres d’une entreprise avant la levée de fonds lors d’un prochain cycle de financement. Une fois le tour de table et les conditions de financement finalisés, la valeur implicite des capitaux propres de l’entreprise augmente en fonction du montant du financement obtenu, ce qui donne lieu à l’évaluation post-money.

En claire, l’évaluation pré-money fait référence à la valeur d’une entreprise sans tenir compte du financement externe ou du dernier tour de table. Cette évaluation ne donne pas seulement aux investisseurs une idée de la valeur actuelle de l’entreprise, mais elle fournit également la valeur de chaque action émise.

L’évaluation post-money, quant à elle, fait référence à la valeur de l’entreprise après qu’elle ait reçu de l’argent et des investissements. L’évaluation post-money comprend le financement extérieur ou la dernière injection de capital.

 

Pour bien comprendre le concept pré-money et post-money, retenez donc que: pré-money + montant investi = post-money

 

D. Quelles sont les erreurs à éviter en terme de valorisation?

La valorisation peut vous sembler simple à effectuer. Pourtant, les professionnels et experts en valorisation retrouvent souvent les mêmes types d’erreurs. Nous allons donc vous citer les 10 erreurs principales à ne pas commettre :

 

  1. Ne pas prendre connaissance de la société: En laissant de côté l’analyse des forces et faiblesses de la structure ainsi que les opportunités et faiblesses (via la matrice SWOT), votre valorisation sera faussée.

 

  1. Mauvaise sélection d’entreprises pour la méthode des comparables: En choisissant un panel de sociétés pas tout à fait comparables à la vôtre, votre valorisation sera évidemment faussée.

 

  1. Un optimisme débordant: Être optimiste c’est bien, mais attention à rester tout de même réaliste. En optant pour la méthode des DCF, vos prévisions de flux de trésoreries doivent être le plus juste possible sinon votre valorisation sera faussée.

 

  1. Valoriser l’entreprise en actualisant le résultat net: Attention, la valeur d’entreprise est une valeur économique qui n’en considère pas la structure financière ou fiscale.

 

  1. Un taux d’actualisation erroné: Pour ne pas vous tromper dans le calcul du taux d’actualisation, nous vous conseillons de vous référer à cet article.

 

  1. Faire référence à la valeur comptable: Dans l’évaluation patrimoniale, considérer que la valeur comptable du patrimoine et égale à sa valeur de marché n’est pas juste.

 

  1. Des erreurs mathématiques: Il s’agit généralement d’une erreur d’inattention mais qui peut totalement fausser la valorisation de votre entreprise. Alors attention aux règles de calculs et aux formules mathématiques.

 

  1. Ne pas considérer la clause de garantie d’actif et de passif: Découvrez-vite les modalités de cette clause pour ne pas commettre l’erreur de l’oublier.

 

  1. Ne pas soigner son business plan: Si votre business plan n’est pas correcte ou trop approximatif, alors votre valorisation sera elle aussi très approximative.

 

  1. Ne pas faire appel au Cabinet My Business Plan: Lors de la valorisation d’une entreprise, il convient de solliciter les services d’un expert. Celui-ci saura vous accompagner durant toute cette opération, en fournissant des prévisions justes et des méthodes de valorisation convenables. La plupart de ces méthodes mobilisent une rigueur et précision logique et mathématique. Ainsi, vous pouvez déléguer cette valorisation à celui-ci, ou du moins être assisté par lui. My Business plan peut vous accompagner. Contactez-nous !

 

E. Est-il possible de valoriser une entreprise déficitaire?

Valoriser une entreprise déficitaire est tout à fait possible. Mais comment faut-il fait ? Quelle méthode faut-il utiliser ?

La méthode des comparables est une approche tout à fait acceptable pour valoriser une entreprise déficitaire si vous vous basez sur l’indicateur du CA.

L’analyse par les transactions passées est une méthode directement liée au marché qui peut également être utilisée pour valoriser une entreprise déficitaire. Là encore, nous vous conseillons d’utiliser votre chiffre d’affaires pour cette technique de valorisation.

Il existe une dernière méthode qui est selon nous, l’une des meilleures solutions pour valoriser une entreprise en difficulté ; il s’agit de la méthode de l’analyse par liquidation. La première étape de cette méthode consiste à évaluer les actifs de la société que vous souhaitez acheter à leur prix de vente. Vous allez ensuite soustraire de la valeur trouvée le coût des dettes de l’entreprise. Vous allez ensuite supposer que le résultat trouvé représente l’argent qui ira directement aux investisseurs et qui donc constitue la valeur des capitaux propres de l’entreprise.

 

=> Pour avoir une valorisation la plus juste possible, nous vous conseillons d’utiliser ces trois méthodes et de comparer les résultats trouvés.

Quels sont nos conseils d’experts?

 

A.  Pour réussir, n’ayez pas peur d’avoir des ambitions

Pour vous démarquer de la concurrence, ayez des ambitions !

Provisionnez votre levée sur des objectifs ambitieux et à la hauteur de votre croissance potentielle pour en faire un avantage compétitif (soit vous donner les moyens d’accélérer) et n’hésitez pas à vous faire accompagner : cela vous fera gagner un temps précieux.

L’ambition vous permettra d’ailleurs de rassurer vos investisseurs et de les conduire sur le chemin de l’approbation de votre besoin de levée de fonds.  Attention, ambitieux ne veut pas dire pour autant « embellir les hypothèses ».  L’une des principales erreurs classiques d’un business plan est de surestimer ses profits et de sous-évaluer ses charges. Alors gardez en tête que le business plan doit impérativement traduire une image fidèle de la situation c’est-à-dire ni pessimiste ni trop optimiste. Vous devez donc bien évidemment mettre en lumière les points forts de votre business, mais d’évoquer aussi les problématiques à résoudre et les moyens à mettre en œuvre pour y arriver plutôt que d’embellir vos chiffres.

 

B. Essayez d’obtenir une subvention

Un manque de fonds est souvent un blocage pour le décollage d’un projet. Cependant, il existe plusieurs moyens pour obtenir des fonds.

 

La BPI est l’une des options pour laquelle vous pouvez opter. L’objectif de la BPI est de soutenir et de financer des projets à tous les stades de développement des entreprises de l’amorçage à l’IPO.

 

La BPI est segmentée en deux départements et propose deux types de dispositifs à savoir le financement et l’investissement.

  • Tout d’abord BPI Financement est une entité qui propose un financement non dilutif. Elle délivre des aides à l’innovation notamment des subventions ou des avances remboursables. Elle accorde également des prêts (des crédits de trésorerie, des prêts à moyen et long terme, des prêts sans garantie, …), propose des programmes d’accompagnement avec une mise en réseau et du conseil puis, offre des garanties et assurances (garanties aux banques, assurance-crédit à l’international, …).
  • La BPI Investissement, quant à elle, propose des participations au capital (co-investissement ou indirect)

 

Mais comment obtenir une aide de la BPI ?

La première étape est de contacter la BPI dès la création de votre entreprise afin de ne pas manquer des aides auxquelles vous pouvez prétendre. Vous allez donc devoir renseigner un ensemble d’informations à savoir le type de votre entreprise, le niveau de maturité, les effectifs, le secteur d’activité, etc, afin de vérifier si vous êtes éligibles ou non à certaines offres de la BPI. Ensuite, il conviendra de préparer un dossier comprenant un business plan, potentiellement un pitch et tous autres éléments que vous jugez nécessaires à la présentation de votre projet.

 

François Placet, Co-fondateur de Hubokee, l’agrégateur d’épargne et d’investissement en ligne, a lui-même réussi à obtenir une subvention de BPI France pour lancer son projet.

Il donc décidé de vous partager son expérience et vous transmettre les principaux avantages d’une subvention de la BPI.

François et son équipe ont sollicité BPI France très tôt dans la construction de leur projet. Une première fois pour obtenir la Bourse French Tech à la création de l’entreprise ce qui leur a permis d’obtenir 25k€ et une seconde fois à un stade plus avancé où ils ont reçu un Aide à l’Innovation sous forme d’avance remboursable d’un montant de 150k€. L’avantage de la Bourse French Tech réside dans le fait que c’est une subvention donc non remboursable par l’entreprise ou les fondateurs. L’avance remboursable est un montant plus important mais dans ce cas il est remboursable par l’entreprise selon un échéancier différé.

 

C. Soyez honnête: Ne mentez pas sur vos besoins financiers!

Comme expliqué précédemment, il est important d’être ambitieux pour réussir à convaincre vos investisseurs. Si certains entrepreneurs y voient l’opportunité de mentir sur quelques chiffres pour embellir le projet, sachez qu’il ne s’agit pas de la bonne solution, car vous et vos investisseurs doivent avoir connaissance de votre réel besoin financier. Des chiffres mensongers pourraient ainsi conduire votre start-up vers la faillite au vu d’une mauvaise anticipation des flux générés par votre business. Alors soyez honnête et présentez des chiffres financiers cohérents.

 

Pour remédier à cela, plusieurs façons de réaliser son prévisionnel financier. On peut notamment voir les prévisions de façon optimiste ou alors de façon pessimiste. Mais pour obtenir des chiffres les plus justes possibles, vous pouvez utiliser deux méthodes de calcul : la méthode macroéconomique ou la méthode microéconomique. La méthode microéconomique prend en compte les actions mises en place pour calculer les différents chiffres du prévisionnel alors que la méthode macroéconomique ne prend en compte aucun critère venant de l’entreprise elle-même, mais simplement des chiffres du secteur. Ce serait donc une grande erreur d’utiliser la méthode macroéconomique pour réaliser son business plan, et surtout si vous souhaitez lever des fonds.

 

D. Trois conseils pour convaincre un business angel

Convaincre des Business Angels n’aura jamais été aussi facile grâce à nos précieux conseils.

 

  • Tout d’abord, vous devez impérativement être en capacité de faire la différence entre un business angel et un fonds d’investissement. Mais pourquoi ?

Car selon la maturité de votre projet, le fonds d’investissement n’acceptera pas de vous financer. En effet, les fonds d’investissement ne s’intéressent pas aux projets en amorçage et regardent seulement les entreprises générant du CA et qui ont un besoin de financement de 2M€ minimum. Les business angels, quant à eux, s’intéressent plutôt aux projets ayant un besoin de 100K€ à 350K€.

 

  • Pour réussir à séduire un business, gardez en tête que ce type d’investisseur se base sur trois critères:
  • La cohérence du dossier
  • La qualité de l’équipe
  • L’ambition du projet

Un entrepreneur qui satisfait ces trois critères aura donc plus de chance d’être sélectionné pour un futur rendez-vous.

  • Avant de prendre un rendez-vous avec un business angel, soyez prêt et assurez-vous d’avoir un dossier complet et synthétique pour présenter au mieux votre projet. Lorsqu’un entrepreneur arrive à obtenir un rendez-vous, il faut qu’il soit clair, précis et qu’il ne jargonne pas autour de la technique du projet.

 

  • Évitez l’amateurisme aussi bien que la démesure.

 

  • Ne faites pas une demande de fonds pour vous payer vous, le fondateur du projet, ou seulement pour financer votre BFR.

 

  • Parfois, les recommandations ne sont pas très utiles pour les business angels du fait du nombre important de dossier qu’ils reçoivent. Alors ne comptez par seulement là-dessus pour obtenir un rendez-vous avec un business angel.

 

  • Enfin, soyez patient et courageux, car un projet rejeté par un réseau peut très bien être accueilli favorablement par un autre.

 

E. Parole d’investisseur: Les critères qui font pencher la balance

Vous souhaitez présenter votre projet devant des investisseurs ? Écoutez attentivement les conseils de Julien Tripet, entrepreneur et Business Angel :

 

  • En phase d’amorçage, la première impression est avant tout humaine

 

  • La présentation doit être synthétique et compréhensible

 

  • Les trois atouts à réunir absolument pour déclencher l’intérêt d’un business angel sont les suivants : une innovation claire par rapport à la concurrence, ou à défaut un «avantage injuste », une ambition de performance mesurée et un niveau minimum de maturité du projet (POC ou test client au minimum)

 

  • Le manque de clarté lors de la présentation d’un projet est rédhibitoire!
  • Soyez au clair sur tout l’aspect juridique afin que la due diligence se passe bien auprès de vos investisseurs potentiels.

 

  • La décision finale se base sur : la maitrise du sujet par les porteurs doit être évidente, voire bluffante : connaissance des chiffres, du marché, expérience…, la traction doit également évidente : quelles réussite(s) probante(s) depuis le lancement et une ambition mesurée : il est important d’être ambitieux, mais dans des proportions réalistes, à ne pas confondre avec l’arrogance.

 

  • La levée de fonds doit être vue comme un levier pour accomplir un réel objectif à savoir le développement d’un nouveau produit/service, la croissance du projet sur un nouveau marché,…

N’hésitez pas à vous faire accompagner comme le recommande cet entrepreneur.

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