Comment former la jeunesse à l'entrepreneuriat social

Publie le 06 Février 2015 10:57

Il n'y a pas d'âge pour entreprendre, plus tôt on commence, plus l'apprentissage de l'entrepreneuriat est probant. Ce sont les mots de Heremoana PUHETINI. Voyage et entreprendre est la philosophie de Social Express, une association qui veut sensibiliser l'entrepreneuriat social auprès de la jeunesse. Qu'est ce que l'entrepreneuriat social? Quelles sont les erreurs que commettent les jeunes entrepreneurs sociaux?

l'ess par social express

 

Social express

Heremoana Puhetini, 26 ans né en Polynésie Française. Double diplômé : Bachelor  Sociologie Politique + Master Spécialité

Entrepreneuriat Social – Playground : Pacifique / Europe / Afrique / Asie Expertises : Community development / Business Model / Structuration de projets sociaux.

 

 

Social Express forme la jeunesse à l'entrepreneuriat social

Social Express est une association qui organise des voyages solidaires en France et dans le monde pour pérenniser l’activité de projets sociaux et environnementaux et offrir à la jeunesse une formation concrète / pratique à l’entrepreneuriat social.

L'entrepreneuriat social pour résoudre une problématique sociale

L’entrepreneuriat social, c’est la création d’une activité économique viable pour résoudre une problématique sociale / environnementale. Il a une lucrativité limitée, le profit étant un moyen et non une fin et oriente la prise de décision démocratiquement. Il se rapproche de l’entrepreneuriat classique car il utilise les mêmes outils capitalistes pour se développer mais se différencie par ses valeurs : la prise en compte de ses parties prenantes et l’impact positif sur la société.(Plus d'infos sur le business plan social ici).

Social Express, une école de l'entrepreneuriat

Social Express s’est donnée comme ambition majeure de réinventer les pratiques et les usages du voyage. Au delà de mettre en avant des destinations sous l'angle de l'innovation sociale, nos principes d'action veulent susciter l'engagement, notamment de la jeunesse : offrir un dispositif permettant une mise en action positive des compétences de tout un chacun pour des projets sociaux & environnementaux : les entrepreneurs sociaux.
Nos programmes de formation se cristallisent alors autour de 3 principes :

  • Sensibiliser à l'entrepreneuriat social,
  • Renforcer les compétences en entrepreneuriat,
  • Offrir une appréhension fine et pragmatique des enjeux de l'entrepreneuriat, notamment par le biais de nos voyages solidaires sur le terrain auprès d'entrepreneurs.

Au Social Express, nous entendons également le mot "Entreprendre" dans toutes ses aspérités polysémiques. Pour nous, entreprendre correspond évidemment à monter sa boite mais également la démarche plus modeste de lancer des projets et d'inscrire son action pour faire évoluer les choses.

Plus que de donner envie, Social Express se veut donc être une école pratique de l'entrepreneuriat permettant un épanouissement de la jeunesse sur le monde. A date, sur le volet jeunesse et en 2014, notre première promotion de 20 jeunes a donc interprétée les enseignements du Social Express de la manière suivante :

  • 4 d'entre eux se sont rencontrés au Social Express et montent ensemble une entreprise dans le commerce équitable en Afrique ;
  • 2 montent leur structure d'accompagnement d'acteurs de l'économie sociale et solidaire ;
  • 5 sont en reconversion professionnelle dans l'optique soit de lancer des projets en interne de leur entreprises soit de devenir entrepreneur social à leur tour ;
  • 5 étudiants sont aujourd'hui en stage auprès de jeunes entreprises sociales.

Une jeunesse qui veut entreprendre mais qui se demande comment trouver une idée

La jeunesse d’aujourd’hui est de plus en plus engagée. En France, c’est par exemple plus de  3000 000 de bénévoles. Très clairement, entreprendre elle en a le désir !
Si on m’interroge sur comment trouver une idée, je rassure d’abord qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise idée. En effet, ils ont souvent tendance à croire qu’une entreprise et son concept doivent être révolutionnaires. Plutôt que l’idée en elle-même, je poursuis alors en questionnant deux choses: leurs aspirations et leur environnement.

  • Qu’est ce qui te fait vibrer ?
  • Qu’est ce qui te révolte ?
  • Dans quel domaine penses-tu exceller ?
  • Pour quelle cause ou passion souhaites-tu agir ?
  • Quel rayonnement/impact veux-tu avoir par ton projet ?

Une fois cet état des lieux réalisé, j’explique alors qu’il a désormais toutes les cartes en main pour pondre une idée, à savoir tenter de trouver de la cohérence entre ses aspirations et sa vision idéale de la société ou faire tout simplement son ratio compétences / passions.

Je préviens enfin sur l’importance du sens et la nécessiter d’éviter tout opportunisme car je me méfie des projets qui surfent sur les tendances sans s’être pausés réellement les questions de fonds qui en découlent.

Il n'y a pas d'âge pour entreprendre: plus tôt on commence, mieux c'est!

A mon avis, l’âge importe peu pour entreprendre. D’ailleurs, je fais partie des partisans du « plus tôt on commence, mieux c’est ! » L’effet levier de la jeunesse permet à mon sens une ambition sans limite due à la fougue qui lui est propre mais aussi, une meilleure résistance à l’ascenseur émotionnel de la démarche entrepreneuriale parsemée d’embûches. De plus, quand on est jeune on est souvent défaussé des contraintes/responsabilités matérielles ou familiales, ce qui permet une meilleure concentration sur l’atteinte d’objectifs.

Néanmoins, je nuancerai le propos en disant que l’expérience reste essentielle pour développer un projet. Elle permet une meilleure appréhension des enjeux de l’entrepreneuriat, chose que l’on acquiert à force d’itération ou plus trivialement après quelques années en entreprise.  Ensuite, inutile de forcer les choses, il n’y a pas d’âge ou de recette miracle. Tout est question de timing, de personnalité, de son histoire personnelle et professionnelle. Bref, jeune ou moins jeune, tout l’enjeu se trouve dans l’équilibrage à trouver entre ambition et pragmatisme. Le réseau et les ressources (humaines/financières/culturelles) suivront  dès lors que ces tensions seront réconciliées.

L'importance d'aller sur terrain quand on veut entreprendre

Selon moi, être sur le terrain lorsqu’on est entrepreneur est PRI-MOR-DIAL !
D’abord et simplement pour pouvoir tester son produit ou son service. Par exemple, lorsque nous avons lancé Social Express courant 2013, nous avons pensé le projet à petite échelle afin de réaliser un prototype. Cela nous a permis de valider nos hypothèses initiales, de prouver qu’effectivement cela pouvait marcher et que l’offre proposée répondait à une réelle demande.

Ensuite, pour permettre à l’entrepreneur de se positionner et/ou d’innover par rapport à la concurrence. En effet, un entrepreneur n’est jamais seul dans un environnement économique. Il lui faut donc avoir l’humilité suffisante pour se dire qu’il ne va pas forcément révolutionner son secteur. Cela implique ainsi de regarder là ou il peut être complémentaire ou alors se différencier pour ne pas réinventer la roue.  Par exemple, Social Express n’est évidemment pas le seul dispositif agissant sur le volet jeunesse et l’accompagnement d’entrepreneurs sociaux. Ainsi, après avoir cartographié les acteurs en place, nous nous sommes rapprochés de certain, affiner notre message et nos principes d’action pour nous démarquer d’autres.

Enfin, et de manière triviale, être sur le terrain permet de se promouvoir, de se crédibiliser, de faire des itérations sur son modèle dans un processus d’apprentissage constant pour faire évoluer sa structure. En ce qui nous concerne, entre notre concept de base et aujourd’hui, la réalité nous a clairement imposé de faire monter en puissance notre activité pour tenir la distance. Et il est clair que ça ne sera pas la dernière fois (rires).

Les erreurs que commettent les jeunes qui se lancent dans l’entrepreneuriat social?

Les jeunes qui se lancent dans l'entrepreneuriat social sont susceptibles de commettre deux erreurs majeures :

  • Premièrement, apporter trop d'importance à la finalité sociale et aux valeurs du projet sans penser réellement à son aspect business, pourtant garant de sa pérennité et sa capacité à avoir un impact social infini. En effet, avoir de belles intentions c'est bien, prouver que ça marche c'est mieux! C'est donc ainsi qu'il faut comprendre tout le propos de Social Express dont les missions terrains ou voyages solidaires se proposent d'aider des projets sociaux et environnementaux dans l'élaboration de leur business model.
  • Deuxièmement, s'isoler de ses paires et penser le projet de manière non systémique. Le secteur de l'innovation sociale et environnementale est encore restreint et adresse des produits/services à des problématiques complexes. Sans tomber dans un excés de bisounoursisme, l'entrepreneur social a tout intérêt à travailler avec les autres pour décupler sa possibilité de dupliquer son modèle : ses semblables, le secteur privé et les institutions. D'autant que se consolidant, chacun de ces acteurs permet un effet levier pour l'entrepreneur social.

Le mot de la fin

N’ayez pas peur d’entreprendre ! Et si le cœur vous en dit, venez apprendre à entreprendre avec Social Express ;-)

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