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Le vainqueur du concours mondial de business plan social

Publie le 20 Octobre 2016 16:44

 

Faso Soap a remporté le concours de business plan social de la Global Social Venture Competition. Il s'agit d'un concours mondial avec plus de 750 participants ! Faso Soap est une entreprise qui produit et commercialise du savon anti-moustique, afin de protéger les populations africaines du paludisme, 1ère cause de mortalité sur le continent. Ce savon a la particularité d’être fabriqué exclusivement à partir de ressources locales, et d’être vendu au même prix qu’un savon traditionnel. Il s’agit donc d’une solution simple, locale, efficace et accessible pour se protéger du paludisme. Lisa Barutel, qui coachait le projet, nous raconte ici les clés de la victoire de Faso Soap. Des conseils et un retour d'expérience très enrichissant pour tout entrepreneur social !

Gagner un concours de business plan
 

 

Les raisons de la victoire à ce concours.

3 principaux atouts : simplicité, investissement faible, force de conviction

La route a été longue … Mais l’équipe de Faso Soap a convaincu les jurys successifs de ce concours pour 3 raisons principales à mon sens. 

  • Tout d’abord, le produit proposé est un produit simple, qui s’intègre très facilement dans le quotidien de ses bénéficiaires. Il ne demande aucun changement de comportement (tout le monde utilise du savon quotidiennement, même dans les zones les plus reculées) ou sacrifice financier (le savon étant vendu au même prix que ses concurrents).
  • Par ailleurs, le projet ne demande pas un investissement trop lourd au démarrage et sa mise en œuvre opérationnelle peut être très rapide. Grâce à un modèle d’essaimage souple, les jurys ont saisi le potentiel de croissance très rapide du projet.
  • Enfin, argument non négligeable, les retours ont été très positifs quant au pouvoir de conviction dont ont fait preuve les 2 porteurs de projet. Gérard Niyondiko et Moctar Dembélé ont su transmettre leur énergie et leur motivation aux jurys et publics auxquels ils ont présenté leur projet.

B) Écouter les retours et remarques sur son business plan social

Gérard et Moctar ont eu peu de temps pour réaliser un premier business plan social en français, puis en Anglais. C’est tout l’enjeu de cette compétition. En s’entourant du maximum de personnes compétentes et en faisant relire et corriger leur document à de multiples reprises, ils ont pu relever ce défi.

Le business plan social de Faso Soap présente très clairement le problème social et centre le projet autour de l’objectif d’impact social (en témoigne le travail sur le calcul du SROI). C’est ainsi qu’ils ont pu démontrer le potentiel de cette solution (à première vue) simple pour se protéger du paludisme.
En parallèle de la rédaction du Business Plan Social, les deux entrepreneurs ont travaillé à la réalisation de prototypes à présenter aux différents jurys, argument supplémentaire pour mieux « incarner » le projet.

Le pitch compte autant que le business plan social

A) Le pitch ne doit rien laisser au hasard.

La présentation intensive de cet exercice n’est pas étrangère à la victoire du projet. Un pitch se prépare avec autant d’attention qu’un Business Plan écrit. Rien ne doit être laissé au hasard, et toutes les situations doivent être envisagées. Même si l’on maîtrise complètement son sujet, le facteur stress peut tout changer.

B) Raconter une histoire plutôt qu'un Powerpoint de consultant

L’équipe Faso Soap a travaillé sur un pitch dynamique, sans suivre forcément une présentation PowerPoint conventionnelle, et ce particulièrement pour les Etats-Unis. En effet, nous avons pris le parti de « raconter une histoire vraie » plutôt que de présenter des slides de consultant. Ainsi, Gérard et Moctar ont pu par exemple mettre des touches d’humour dans leur présentation.

C) Transparence et humilité dans votre pitch

Enfin, la transparence des porteurs de projet a été appréciée : ils sont restés humbles et honnêtes sur l’état d’avancée du projet et sur leurs objectifs. Non, la formulation du savon n’est pas encore arrêtée. Et non, l’objectif n’est pas d’éradiquer le paludisme, mais plutôt de compléter la panoplie d’outils déjà existants. En restant réalistes, ils ont pu gagner la confiance du jury.
 

B) Écouter les critiques et s'entraîner 

A noter également que les retours des jurys sur ce genre d’exercice sont extrêmement précieux : tout au long de la GSVC, ce sont 4 jurys différents qui ont formulé des feedbacks sur le projet. Et chacun d’entre eux a été utile pour améliorer la présentation du projet.

Les différents jurys nous ont permis d’affiner la présentation. Les plus grandes modifications à apporter ont concerné la mise en contexte du jury: il est toujours plus facile pour un jury d’évaluer un projet qui se lance dans son pays / sa région. Lorsque ce n’est pas le cas, le candidat doit au maximum se mettre dans la peau du jury pour adapter sa présentation. Les questions posées lors des premières présentations nous ont montré que tous les messages n’étaient pas passés, faute d’une bonne compréhension du contexte. Pour remédier à cela, une seule solution : s’entraîner devant des personnes étrangères et extérieures au projet !

C) Préparer les questions du jury

Les principales préoccupations du jury se sont concentrées sur :
  • L’efficacité scientifiquement attestée du produit : le brevet est-il déposé ? avez-vous testé le produit ? quels sont ses effets secondaires ?
  • L’utilisation du produit : combien de temps l’odeur dure sur la peau ?
  • L’acceptabilité du produit : dans quelle mesure les populations devront changer de comportement pour utiliser les produits de Faso Soap ?
  • La pénétration du marché : comment allez-vous communiquer sur votre produit pour le différencier de ses concurrents ?
  • Le changement d’échelle : pourquoi vous concentrer sur le Burkina alors que votre projet a un potentiel important sur tous les pays de la sous-région au moins ?
Nous avions fait plusieurs séances de préparation aux questions / réponses. Même si on ne peut jamais préparer exactement les questions qui seront posées, il est essentiel de s’entraîner à parler de son projet et de ses différents aspects, surtout quand les questions se font dans une langue qui n’est pas la vôtre. Pour Gérard et Moctar, tous les 2 francophones, il s’agissait du plus grand challenge à relever !
 

Mon conseil : profitez de cette expérience !

La GSVC est une compétition exigeante, qui impose des délais très courts et qui demande un très grand investissement en temps. Mais elle en vaut la peine ! Où que vous soyez, des solutions d’accompagnement vous seront proposées, que ce soit via votre établissement scolaire ou via les programmes spécifiques proposés l’ESSEC. Formations, mentoring, mises en relation avec des experts … Profitez de toutes ces modalités d’accompagnement ; elles sont mises en place spécialement pour vous aider à accélérer la structuration de votre projet. De très nombreux professionnels sont mobilisés autour de cette compétition, c’est une occasion unique de faire parler de vos idées !

 


Conclusions

Ces 3 mois de compétition ont été riches en apprentissages … et en émotions. Chaque étape franchie était une réelle victoire, mais aussi une source de stress supplémentaire car elle signifiait la nécessité de redoubler d’efforts à chaque fois. Le retour au Burkina a été un moment particulièrement fort de la compétition. Moctar et Gérard ont été accueillis par une centaine d’étudiants de 2iE, venus spécialement pour l’occasion (voir en images). La victoire est là aussi : l’aventure a permis de réveiller les consciences entrepreneuriales, de susciter les envies d’agir et montrer qu’en travaillant et en s’entourant, on peut déplacer des montagnes !


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