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Le business plan selon Sociobel

Publie le 19 Juillet 2016 14:42

Rédiger un business plan: Ne soyez pas timide !

Béatrice Bellabas parle de business plan

 Rédiger un business plan pour convaincre n'est pas chose aisée. Rédiger un business plan social encore moins ! Béatrice Belabbas nous explique ici quels obstacles elle a dû faire face pour parvenir à convaincre des financeurs et des fournisseurs de la suivre dans son aventure entrepreneuriale. 38 ans, née dans l’Oise, Béatrice Belabbas réussit son entrée à l’IRTS (institut supérieur d’intervention sociale) de Neuilly sur Marne (93). Elle prépare simultanément au diplôme d’Etat d’assistant de service social une licence en AES option développement social. Après plusieurs expériences chez Alstom, l'ACMS et BSC, elle remarque des dysfonctionnements dans les services sociaux et décide courageusement de lancer Sociobel qui propose des intervenants sociaux en entreprise, pour des solutions à la carte. Elle nous explique ici les erreurs qu'elle a pu commettre dans son business plan et vous donne également de nombreux conseils.  


 

Un business plan rédigé avant de se lancer

J’ai rédigé mon business plan en amont de la création, dès lors que le projet de Sociobel se concrétisait au plus profond de moi. Je reportais les hypothèses chiffrées afin d’affirmer ou d’infirmer la création, la question étant : est ce viable ? Un projet se doit d’être viable, et cela je devais le vérifier avant de quitter mon emploi. La question la plus compliquée était : "sous quel statut exploiter l’activité". J'ai opté pour un départ en Entreprise individuelle (phase de test de l’activité) et une transformation en SARL unipersonnelle un an plus tard.
 
J’avais besoin au début d’un emprunt de 40 000€ environ pour démarrer, montant modeste car cela incluait un véhicule, l’équipement informatique et bureautique.

Convaincre une banque, un chemin parsemé d'embûches

Je n’ai pas d’investisseurs. Sociobel ,c’était mon projet, je tenais à le mener à bien moi-même. Je me suis tournée vers ma banque pour l’emprunt en ayant préparé un business plan relié, paginé. Tout était complet ! le dossier reprenant la definition de mon activité, les clients, la concurrence, un bilan prévisionnel, l’avenir à 3 ans, mon parcours, ma profession, mes diplômes, les textes légaux en vigueur bref… Un énorme travail selon les modèles de business plan les plus complets que l’on puisse trouver sur le marché. Beaucoup de nuits blanches à me familiariser avec des termes comptables et économiques que je ne connaissais pas. La banque accède à ma demande pour l’ouverture d’un compte professionnel. Attention pas de droit à découvert, cela est non négociable ! Pour l’emprunt on me conseille un crédit à la consommation ! Je refuse, j’opte pour un leasing sur le véhicule, mon conjoint se porte caution, et pour le reste je mise toutes mes économies.
 
Je n’ai pas réussi à convaincre ma banque. Pourquoi ? Manque de crédibilité je pense. Une assistante sociale dans une entreprise, vous trouvez ça normal vous ? Ma banque me demande pourquoi les entreprises me paieraient pour un service gratuit qui existe déjà ? Ils ne connaissent pas encore la RSE.
 
Le problème de ma banque n’était pas lié à mon business plan qui a été plutot bien reçu, mais sur le contexte économique en 2007 qui paraissait peu propice à une telle création d’entreprise, et surtout mon activité vente de service social aux entreprises qui n’était pas connue.

Le business plan est un pretexte pour des questions

Après avoir fourni mon business plan, la banque m'a posé différentes questions :
  • Quels seraient mes clients,
  • Combien je vendrai la prestation,
  • Si j’allais embaucher et avoir besoin d’un terminal de paiement.
Paradoxalement, rien de très percutant ni en lien avec mon activité directe !
 

Le business plan : quelques conseils

Pour ma part, mon business plan n’avait rien de social à l’époque !! Pour moi la différence réside sur la valeur sociétale du projet, sur les avancées et le caractère novateur de l’entreprenariat social. Dans mon business plan, il est vrai que je n’ai pas mis en avant le résultat de mon action au sein des entreprises, maintien dans l’emploi, relogement, reclassement etc..Mais cela j’en suis persuadée n’aurai rien changé au comportement de ma banque.
 
Le business plan est la colonne vertébrale du projet. Il doit être cohérent, clair, réaliste et pragmatique. Il ne doit pas faire copié/collé avec un autre surtout dans l’entreprenariat social. Les valeurs sociales du projet et sa viabilité économique doivent apparaître clairement à mon sens.
 
Selon moi, j'ai fait quelques erreurs: J’ai été trop timorée, trop timide. Par exemple dans mon business plan la première année je ne prévoyais pas de frais de bureau puisque par souci d’économie, je souhaitais que le siège social soit chez moi, j’aurai dû avoir le culot de me donner les vrais moyens de toute entreprise dès la création, je me suis contentée du minimum en étant persuadée que l’on ne me suivrait pas !
 

Mon mot de la fin sur le business plan 

Les banques et investisseurs sont des personnes cohérentes. La personnalité du porteur de projet et la cohérence entre son parcours, son réseau et ce qu’il entreprend est nécessaire. L’entrepreneur doit être incollable dans son domaine, il doit être reconnu en qualité d’expert. C’est ce qui augmente sa capacité a étre écouté mais surtout suivi.
 
Je vous recommande de prendre de bonnes habitudes de gestion dès le début, le business plan ce n’est pas qu’un outil pour aller rencontrer investisseurs et banques. C’est un outil auquel on se réfère en début d’activité, c’est la ligne à suivre. Trop d’entrepreneurs prennent le business plan pour une contrainte.
 

Un conseil : faire tout,  tout de suite comme une grande entreprise, charte graphique, tableaux de bords, site web, tableaux de bord, légal. Enfin une note positive SOCIOBEL depuis 2007 à multiplié son chiffre d'affaires par 4. C’est aujourd'hui 5 salariés en CDI, un siège social à Roissy Charles de Gaulle aéroport, 20 000 salariés suivis, 2 marchés publics remportés pour 4 ans, et 13 établissements clients. Le service social du travail se développe plus que jamais, et je suis devenue présidente de l’association des travailleurs sociaux indépendants ! Je souhaite bonne chance aux futurs entrepreneurs sociaux ! Aujourd’hui ma banque m’invite à des journées investissements !! Retraite, épargne, crédit etc.. no comment, je suis sans rancune à ce niveau, je savais que c'était le jeu et que je ne pouvais compter que sur moi-même !

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