Leaf Supply : Le pragmatisme dans son business plan

Publie le 21 Octobre 2016 14:49

Le business plan est un outil , pas une fin en soi

 

Julien Sylvain est le fondateur de Leaf Supply. Il a créé Leaf Supply directement après son diplôme à l'ESCP Europe. En stage à la direction de la stratégie de Lagardère et dans le fonds d’investissement de Bernard Arnault, il avait été en contact d’entrepreneurs et depuis l’envie d’être à leur place le dévorait. il ne voit pas vraiment Leaf Supply comme un social business, mais plutôt comme une entreprise dont l’ambition et de maximiser la valeur ajoutée pour toutes ses parties prenantes. Il dû démontrer la viabilité et l'impact de son projet au travers d'un business plan social. Il nous explique ici les erreurs à ne pas faire et les astuces qui lui ont permis d'aller en finale européenne du concours de la GSVC

 

La particularité du business plan de Leaf Supply: Rentabilité et impact

Avec Leaf Supply, nous avons développé, breveté et industrialisé un lit de camp modulable en carton pour les situations d’urgence de l’habitat, notamment à la suite de catastrophes naturelles. Pour maîtriser l’impact environnemental et social autant que notre capacité d’approvisionnement, nous devions être en mesure de produire au plus proche des catastrophes. Ceci est possible grâce à un partenariat avec le leader mondial du carton ondulé, présent dans plus de 30 pays, le groupe Smurfit Kappa, qui nous a très vite soutenus. Le LeafBed a aujourd’hui un déficit de notoriété et de pédagogie mais c’est un produit dont la valeur ajouté a été prouvée.
 
En produisant au plus près des zones de catastrophes nous voulons contribuer à maximiser la performance des ONGs alors capables d’aider plus de victimes, plus rapidement et à moindre coût ; réduire l’empreinte carbone en limitant le transport et en utilisant un matériau biodégradable ; contribuer au soutien de l’économie locale; permettre aux ONG de mieux communiquer en produisant sur demande des lits personnalisables à leurs couleurs. Avec mes associés, Juan Pablo Naranjo et Jean-Christophe Orthlieb, c’est dans un projet qui a sens que nous avons voulu nous investir !

Dans notre business plan, nous avons dû transcrire un message de rentabilité et d'impact ainsi que souligner la valeur créée pour chaque partie.

 

Le business plan : un outil de communication

Tout au long du développement d’une société il est question de business plan. C’est un mot un peu barbare pour quelque chose de très simple : la vision de l’entrepreneur ou des entrepreneurs. Faire un business plan social c’est pour moi retranscrire la vision que l’on a de sa société. C’est-à-dire où aller et comment. C’est un outil de communication.
  • Auprès des clients on communique avec des arguments commerciaux, avec une plaquette
  • Auprès des partenaires, on communique avec de la valeur ajouté, des échange
  • Avec ceux qui doivent financer, on communique avec un business plan : où nous voulons aller, comment, combien ça va coûter et pourquoi il faut le faire

Rédiger un business plan: Un exercice utile mais privilégiez le "go to market"

Écrire un business plan c’est structurer sa pensée. C’est n’est pas forcément trouver les arguments ou les idées, mais c’est les préciser, les hiérarchiser et les chiffrer. Le miroir de la page blanche peut permettre de gagner du temps en évitant de tourner en rond ou de nier l’évidence
 
Attention, l’essentiel c’est le go to market. Il faut aller très vite se confronter à son marché et  à ses clients. Un excellent business plan c’est bien, mais un tout petit peu de chiffre d’affaires plutôt que rien c’est mille fois mieux.
 

Le business plan pour lever des fonds

Nous avons été soutenu par de nombreux partenaires : le Réseau Entreprendre Paris, Scientipôle initiative, Agoranov, ESCP Europe. Nous avons aussi fait appel au « family and friends » et à la banque

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. Avoir juste une bonne idée sans savoir la communiquer, c’est faire 50% du chemin. Le business plan montre que vous maîtrisez votre sujet.

Avec l’expérience, je pense que pour convaincre, il faut montrer des OBJECTIFS. On ne peut pas convaincre de la probabilité de réalisation d’un projet sans avoir soi-même défini ce qu’est la réalisation du projet.
 
Un conseil néanmoins: On peut passer sa vie à ajuster un business plan. C’est important de le faire pour les grandes étapes. Mais il faut garder en tête que l’objectif est de communiquer l’ADN de la société ou du projet.

Mieux vaut présenter un plus beau chiffre d’affaires qu’un plus beau business plan. Restez donc concentrés sur le business !
 

Le Business Plan: des conseils à suivre

Dans un business plan social comme ailleurs, le diable est dans le détail. Et le détail dans un business plan c’est les hypothèses, alors il faut les bétonner.

N’oubliez pas que faire un business plan est un moyen de lever de l’argent pour aller, ensuite, faire du chiffre d’affaires. Pas une fin en soi. Donc passez vite à autre chose. Vos clients vous attendent. la pire des erreurs est de passer 6 mois à le rédiger

Enfin, soignez vote partie financière: C’est dans la partie financière que l’on voit si les enjeux sont bien compris : il y en a deux pour faire vivre une entreprise, la marge et la trésorerie. Si l’un des deux manque alors il faut changer le modèle.

Mon mot de la fin : Ne visez pas la perfection et concentrez-vous sur le business : une entreprise dont le chiffre d’affaires explose n’a pas besoin de business plan pour convaincre.

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