"Les investisseurs ont besoin de rêver et d'être rassurés"

Publie le 11 Avril 2019 16:32

Vous êtes une jeune start-up et vous cherchez des fonds ? Vous ne savez pas quels seront les exigences des investisseurs auxquels vous vous adresserez ? Retrouvez quelques précieux conseils de Léa Verdillon, investisseur chez Serena

 

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre parcours en deux lignes ? 

 

J’ai rejoint Serena il y a presque 4 ans après des expériences en startup et en banque d’affaires spécialisée technologie et croissance. L’investissement dans les startups est à la croisée de ces deux mondes : avec une partie très analytique et financière, et une partie plus entrepreneuriale, opérationnelle et innovante. En tant qu’investisseur, mon travail consiste à trouver les meilleures startups, étudier les dossiers, investir dans les meilleurs et les accompagner dans leur croissance. 


Sur quoi fondez-vous votre première impression lors de la présentation d’un projet ?

 

Il y a beaucoup de motivations différentes, surtout selon le stade d’avancement de la startup. Mais globalement, je regarde toujours l’équipe et sa vision ainsi que la taille et la maturité du marché adressé. J’essaie aussi d’anticiper la future rentabilité de la startup et les différents leviers de création de valeur.


Quelle est l’erreur la plus commune dans les business plans qui vous sont présentés ? Avez-vous un exemple ? 

 

L’erreur est souvent dans les créations d’hypothèses : soit car ce sont des hypothèses très éloignées des standards de marché (% de chiffre d’affaires attribué au marketing par exemple, ou salaires trop faible/élevés), soit car les hypothèses sont trop décorrélés de la réalité (si le panier moyen est de 30€ depuis 6 mois, pourquoi le mettre à 100€ dans le Business plan ?)

 

Quelles sont les 3 qualités à réunir absolument pour déclencher votre intérêt ? 

 

Une équipe complémentaire et ambitieuse, un énorme marché à adresser, et des barrières à l’entrée importantes.

 

Quelle serait pour vous une erreur rédhibitoire lors de la présentation ? Avez-vous un exemple ? 

 

La question de la concurrence est un sujet souvent mal adressé par les entrepreneurs. Ne pas avoir de concurrents sur son marché n’est généralement pas un bon signe : est-ce vraiment le bon moment de se lancer ? Va-t-on devoir éduquer le marché et avoir de fortes dépenses qui serviront aux futurs concurrents ? Ou alors quand les entrepreneurs revendiquent Google ou Amazon dans leurs concurrents : ce n’est pas assez ciblé.

 

Sur quels critères se joue généralement votre décision finale ?

 

Lorsque les premières étapes sont validées (équipe, marché, vision, …), la question de la valorisation et de « l’equity story »/ « exit story » est abordée : quel montant recherché ? Quel dilution pour les fondateurs ? Va-t-on avoir besoin de refaire une augmentation de capital plus tard ? Quelles sont les futures étapes ? Comment envisager une cession future ? Est-ce un marché dynamique avec beaucoup d’acquisition à de multiples élevés ?

 

Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs qui souhaitent lever des fonds et qui rédigent leur business plan ? 

 

C’est un exercice difficile d’être réaliste et ambitieux à la fois dans son business plan : en effet, les investisseurs ont besoin de rêver mais aussi d’être rassuré. 


Quelle est la particularité de votre fonds d’investissement ?

 

Serena est un fonds d’entrepreneurs qui investit de l’amorçage à la serie B/C avec une poche dédiée pour les startups de l’intelligence artificielle. Nous avons la particularité d’avoir une équipe dédiée à l’accompagnement des startups du portefeuille, qui leur apportent leur soutien opérationnel sur tous types de sujets : finance, RH, marketing, … 

 

Merci à Serena de nous avoir accordé cet interview ! 

Catégorie: 
PARTAGER CET ARTICLE

Ajouter un commentaire