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Le free cash flow : un indicateur primordial

Publie le 07 Janvier 2019 14:45


 Au moment d’étudier un business plan, les investisseurs sont particulièrement attentifs à l’état des cash flows, ou flux de trésorerie. Ils constituent pour eux un fort indicateur de la richesse créée par votre entreprise, et leur permettent donc d’appréhender sa valeur future. Les free cash flows, ou flux de trésorerie disponible, constituent en particulier la trésorerie finale utilisée pour verser de l’argent aux pourvoyeurs de fonds de l’entreprise, c'est-à-dire les actionnaires (distribution de dividendes) et/ou créanciers (remboursement de l’endettement). Les investisseurs sont donc très attentifs à leur valeur, qui leur donnera une idée de leurs futurs bénéfices. Par conséquent, il est primordial de les calculer pour les présenter dans votre business plan.

 

l'importance du free cash flow pour les investisseurs

 

I) Qu'est-ce que les cash flows ?

Les cash flows correspondent aux entrées et sorties de liquidité effectives. Toute opération financière inclut un mouvement de trésorerie, positif ou négatif. Un investissement dans du matériel de bureau correspond par exemple à une sortie d’argent, donc à un flux négatif. A l’inverse, les bénéfices liés à la vente d’un produit entraînent un flux positif. Chaque flux peut être rattaché à l’un des trois cycles suivants :

  • L’exploitation
  • L’investissement
  • Le financement

Le tableau des flux de trésorerie permet d’avoir une vision d’ensemble des mouvements de la trésorerie. Selon votre secteur d’activité, il sera pertinent de dresser ce tableau sur une durée plus ou moins longue.

L’étude des free cash flows concerne deux de ces flux : l’exploitation et l’investissement. Le flux d’exploitation représente la trésorerie dégagée par l’entreprise du seul fait de son activité. Le flux d’investissement correspond aux sorties de trésorerie dues à l’acquisition ou la rénovation d’immobilisations corporelles. Le free cash flow quant à lui correspond à la trésorerie disponible une fois une fois les dépenses d’investissements (cash flow d’investissement) retranchées de la richesse créée par l’activité de l’entreprise (cash flow d’exploitation). Il n’inclut donc pas les sources de financement externes (cash flow de financement).

 

 Free cash flow = Flux d’exploitation Flux d’investissement

 

II) Comment calculer concrètement le free cash flow ?

Pour le calculer, il est possible de partir du résultat net ou de l’excédent brut d’exploitation (EBE) :


Free cash flow = Résultat net + amortissements + dépréciations – variations du besoin en fonds de roulementdépenses en capital


Free cash flow = Excédent brut d’exploitation – impôts sur le résultat d’exploitation – variations du besoin en fonds de roulement - dépenses en capital

 

Explication des données : 

  • Pourquoi ajouter les amortissements et dépréciations en partant du résultat net ? Dans le calcul du résultat net, les amortissements et dépréciations ont été retranchées. Or, elles ne correspondent pas à des sorties de trésorerie effectives. Il ne faut donc pas les comptabiliser dans le calcul du free cash flow. Pour cela, il faut faire l’inverse du calcul précédent, soit les ajouter.
  • Explication : L’amortissement est une écriture comptable qui permet de calculer la perte de valeur du matériel au cours du temps due à l’utilisation. La dépréciation permet quant à elle d’estimer le risque d’une perte de valeur pouvant résulter de diverses causes.
  • Exemple : M. Parmenon est le gérant d’une entreprise fabriquant des instruments de musique. Il investit dans une perforatrice à 20 000 euros, qu’il règle comptant. 5 ans plus tard, la valeur nette de sa perforatrice inscrite dans l’actif immobilisé est de 10 000 euros. Il n’y a pas eu de sortie effective de trésorerie, car M. Parmenon n’a pas versé les 10 000 euros perdus. En revanche, sa perforatrice a perdu de la valeur suite à son utilisation. C’est pour prévoir cette perte qu’existent les amortissements (ici, amortissement linéaire sur 10 an par exemple, soit 2 000 euros par an). 

 

  • Le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond aux ressources financières dont votre entreprise a besoin pour couvrir le décalage entre les encaissements et les décaissements liés à son activité. Par exemple, si vous laissez 30 jours à vos clients pour vous régler, mais que vous devez payer vos fournisseurs dans les 12 jours, vous allez faire face à un décalage : vous devrez avoir de la trésorerie pour payer vos fournisseurs en attendant le règlement de vos clients. Dans certains secteurs d’activité, il peut être négatif, notamment lorsque les clients règlent leurs achats en avance (l’encaissement aura donc lieu avant le décaissement lié au paiement des fournisseurs). Le BFR et sa variation se calculent de la façon suivante :

BFR = Créances clients + Stocks – Dettes fournisseur

Vous trouverez les valeurs des créances clients et des stocks à l’actif de votre bilan (actif court terme), et la valeur des dettes fournisseurs au passif (passif court terme).


Variation BFR année 1 = BFR année 1 – BFR année 0

 

  • Les dépenses en capital constituent les investissements d’une société dans des actifs physiques. Les sociétés utilisent les dépenses en capital pour le développement de nouvelles activités ou en tant qu’investissement à long terme. Il peut donc s’agir de l’achat de nouveaux bureaux ou d’équipement (qui correspondront aux immobilisations corporelles à l’actif du bilan) ou de la réparation d’équipements existants. 

 

  • Il ne faut pas compter le résultat exceptionnel (qu’il soit positif ou négatif) dans le calcul du flux d’exploitation. En effet, le résultat exceptionnel ne provient pas de l’activité même de l’entreprise, mais d’événements ponctuels comme les cessions ou acquisitions d’actifs par exemple, ou encore une amende pour retard de paiement. Ainsi, si vous partez du résultat net pour calculer le free cash flow, il faudra, le cas échéant, retrancher le résultat exceptionnel positif ou ajouter le résultat exceptionnel négatif.

 

III) Que conclure du calcul de l'étude des cash flows ?

 

Ce sont les cash flows qui vont être étudiés pour valoriser votre entreprise, selon la méthode des discounted cash flows (flux de trésorerie actualisés). 

A. Qu'est-ce que cela signifie ? 

L'exploitation de votre activité va générer des flux, ce sont les flux d'exploitation vus précédemment. Ajoutés aux flux d'investissements et de financement, ils constituent les flux nets de trésorerie (FNT). Ces FNT correspondent au cash que votre entreprise aura généré sur une année. Mais ce n'est pas tout de savoir ce que l'activité raportera sur les 5 ans à venir. La question est : qu'est-ce que valent ces flux aujourd'hui ? Ce qui revient à se demander : quelle est la valeur aujourd'hui de mon entreprise si elle réussit à dégager ces flux à l'avenir ? Pour cela, il faut réaliser la somme des flux actualisés.

Deux difficultés doivent être surpassées pour aboutir à un plan de financement cohérent  : 

  • Sur quelle durée étaler vos prévisions ? Des prévisions trop courtes ne rassureront pas les investisseurs car elles ne suffiront pas à montrer une tendance de croissance. Au contraire, des prévisions trop longues accentueront l'effet hypothétique et aléatoire de vos chiffres. 
  • Quel taux d'actualisation retenir ? On calcule le plus souvent le coût moyen pondéré du capital. 

B. Et les free cash flows ? 

Les free cash flows permettent aux investisseurs de déterminer la création de richesse de l'entreprise de façon plus sure qu'avec le simple flux d'exploitation. En effet, le free cash flow prend en compte le flux d'investissement, qui peut être très important et surtout régulier pour certaines entreprises.

Exemple : Une entreprise A génère 100 000 euros de cash par son exploitation et ne nécessite par d'investissements réguliers. Une entreprise B génère 300 000 euros de cash par son exploitation et nécessite des investissements annuels de 220 000 euros. Pour un investisseur, le choix ne sera pas évident : il devra prendre en compte un certain nombre de paramètres pour choisir l'entreprise dans laquelle il investira. 

Des free cash flows positifs peuvent indiquer plusieurs choses. Si l’entreprise génère assez de bénéfices de par son activité pour que cela suffise à couvrir ses investissements, cela peut signifier qu’elle est très rentable et ne nécessite que peu de financements externes. Cependant, cela peut aussi traduire des investissements insuffisants ! Il ne faut pas chercher à tout prix à être financièrement autonome. Selon votre secteur d’activité, il est primordial de surveiller régulièrement les innovations de vos concurrents pour rester compétitif, ce qui se traduit souvent par des investissements en équipement ou en locaux. Le seuil du ratio de dette couramment accepté est de 2/3 (total des dettes à court terme et à long terme divisé par le total du passif). En revanche, des free cash flows élevés malgré des investissements suffisants donneront confiance aux investisseurs : ils mesurent la performance financière d’une entreprise. La trésorerie ainsi dégagée sera utilisée pour investir ou distribuer des dividendes. Pour les investisseurs, il s’agit donc potentiellement d’un bon retour sur investissement.

Il est également possible de calculer des ratios à partir du free cash flow, notamment pour les comparer avec des entreprises du même secteur que la vôtre. Les deux ratios qui intéresseront en priorité les investisseurs sont les suivants :

  • Free cash flow/Chiffre d’affaires

Ce ratio répond à la question : Pour chaque € de chiffre d’affaires gagné, quelle somme sera convertie en free cash flow ? C’est un indicateur de la rentabilité de l’entreprise.

  • Free cash flow/Valeur de l’entreprise à la bourse

Ce ratio permet de connaître la rentabilité de l’investissement. Si le ratio est de 20%, cela signifie que l’entreprise génère 20% de l’investissement en trésorerie annuelle. L’investisseur sait qu’il sera remboursé en 5 ans si tous les revenus sont distribués en dividendes.

 

Les cash flows sont donc absolument essentiel à la présentation d'un plan financier convaincant. Les investisseurs seront très attentifs à la création de richesses par l'activité de l'entreprise, mais également à la proportion des investissements. Par conséquent, le free cash flow est un indicateur décisif à mettre en avant lors de la construction de la partie financière de votre business plan. 

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