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Arrêtons de dire que la France est un pays qui défavorise l’entrepreneuriat

Publie le 22 Avril 2015 17:04

La France présente beaucoup d'atouts pour entreprendre. L'ESSEC Business School a mis en place un programme pour donner aux étudiants toutes les compétences nécessaires pour entreprendre. Quelle différence entre un entrepreneur formé et un autodidacte? Quel est le constat des professeurs qui encadrent et accompagnent ces futurs créateurs d'entreprises? Quels sont les avantages et les inconvénients d'une formation en école de commerce. Jan LEPOUTRE, Professeur à l'ESSEC Business School a accepté de répondre à nos questions.

Interview de Jan LEPOUTRE, professeur d'entrepreneuriat

 

Professeur Associé, au Département Management ESSEC Business School, Jan LEPOUTRE enseigne l'entrepreneuriat et la stratégie.

Sa spécialité est les stratégies pour des contextes turbulents et incertains. Il a une passion pour les entreprises qui cherchent à résoudre des problèmes environnementaux avec des technologies et des business modèles de rupture.

 

 

Des étudiants qui veulent en savoir plus sur l'entrepreneuriat

Je n’ai pas de statistiques précises, mais c’est clair que l’entrepreneuriat attire de plus en plus les étudiants qui l'envisage comme un futur projet professionnel. Ceci devient évident surtout quand on regarde les dossiers des candidats à l’admission sur titre. Leur motivation pour choisir l'ESSEC est assez parlante : ce qui revient dans la majorité des cas c’est la flexibilité que l’ESSEC donne pour concevoir son trajet pédagogique, et par dessus tout les étudiants veulent intégrer l’ESSEC pour en savoir plus sur l’entrepreneuriat.

L'école de commerce procure aux étudiants la confiance pour entreprendre mieux

Faut-il passer par une école de commerce pour entreprendre? Non, pour entreprendre, il ne faut pas nécessairement passer par une école de commerce, ni par aucune autre école.

Vous connaissez tous les exemples des gens comme Bill Gates, Richard Branson et Mark Zuckerberg qui ont réussi dans l’entrepreneuriat sans diplôme. Mais comme le montrent plusieurs études, dans des pays comme la France, l’éducation favorise l’intention d’être entrepreneur, le lancement des entreprises et la continuation des projets.

Ce qu'il faut reconnaitre, c'est que les effets ne sont pas toujours directement liés à l’éducation ni à l’acquisition des compétences. Ils sont généralement dus à la stimulation de prendre sa vie en mains, les réseaux sociaux et économiques qui ouvrent des ressources non seulement financières mais surtout intangibles comme l’avis, l’expérience des autres.

Ce que mes anciens étudiants me disent souvent c’est que l’école de commerce leur a donné la confiance : l’école de commerce les a aidé à démystifier beaucoup d’idées, situations et concepts. Aujourd'hui, ils ont approfondi ce qu'ils savaient déjà et appris ce qu’ils ne savaient pas faire.

Ce qu'apporte un cours d'entrepreneuriat

J’ai deux types de cours d’entrepreneuriat : un dans lequel nous parlons théoriquement de l’entrepreneuriat, et l’autre où nous pratiquons l’entrepreneuriat.

L’idée du dernier c’est que si vous voulez vraiment apprendre ce qu'est l’entrepreneuriat, il faut le faire. Donc nous commençons le cours à partir des idées de certains étudiants, et nous les travaillons en équipe pour transformer ces idées en entreprises, tester le marché, tester l’idée et même vendre. A la fin de ce cours, les étudiants peuvent intégrer ESSEC Ventures, l’incubateur de l’ESSEC, pour continuer à travailler sur leur projet, ce qui se passe dans la moitié des projets.

Dans le cours où nous parlons de l’entrepreneuriat, nous essayons plutôt d'avoir une réflexion sur les dilemmes que l'entrepreneur peut rencontrer dans sa vie quotidienne :

  • Etablir une équipe équilibrée,
  • Négocier les accords de propriété et de contrôle entre les membres de l’équipe et avec les investisseurs,
  • Décider le moment où l'on se lance, etc.

Le but de ce cours est plutôt de préparer les étudiants à des réflexions et des dilemmes qu'ils rencontreront une fois qu’ils se lanceront.

J’ai encore un cours de Cleantech Entrepreneurship, où nous creusons un peu plus les dilemmes spécifiques qui peuvent se poser dans le domaine du Cleantech.

Entrepreneur "Grande Ecole de commerce" VS entrepreneur autodidacte

Je dirais que tout entrepreneuriat s’apprend de manière autodidacte. La différence entre quelqu’un qui prend une formation sur l’entrepreneuriat et quelqu’un qui ne le fait pas, c’est que celui qui a bénéficié d'une formation, aura un réseau, des professeurs disponibles pour l'aider avec des simulations de pas mal de problèmes qu'il pourra renconter après le lancement de son entreprise. En plus, notre rôle en tant que professeur d’entrepreneuriat c’est de forcer et de créer ces dilemmes dans nos cours, de sorte que nous puissions voir comment il va résoudre ces types de dilemmes.

Bref, celui qui a déjà été confronté à des simutations de dilemmes et des questions susceptibles de se poser, trouvera facilement et rapidement les réponses potentielles et alternatives une fois qu’il  y sera confronté dans la vie réelle.

Les compétences qu’il faut pour entreprendre avec assurance 

Les compétences les plus importantes pour l’entrepreneuriat sont la vente, la réflexion critique et la flexibilite.

La vente parce que c’est ce qu’on fait le plus : sauf dans des cas hyperspécifiques dans le high tech ou la biotechnologie. La vente est donc la chose la plus importante pour un entrepreneur. Ce qui est surtout important dans la vente c’est une réflexion critique.

Quand vous lancez une entreprise, vous ne savez pas souvent qui seront vos clients ni votre proposition de valeur unique. La vente est donc très importante non seulement pour avoir du cash, mais aussi pour être en contact avec ses clients. Il faut les écouter et avoir une réflexion critique sur son idée, comment créer de la valeur, la délivrer et gagner de l'argent.

Parfois, il faut aussi avoir le courage d'admettre que vos idées sont fausses et qu’il vous faudra combiner la persévérance avec la flexibilité et ajuster votre offre à ce que vous apprenez en confrontant votre idée à votre marché.

Trois conseils aux jeunes qui ont un projet d’entrepreneuriat 

  • Parlez de votre idée et testez-la ! Dans l’entrepreneuriat la connaissance vient souvent après l’action. Et cela continue d’être le cas dans la majorité des contextes complexes et incertains.
  • Liez vous à d’autres entrepreneurs et un écosystème d’entrepreneuriat: non seulement pour être stimulé, mais aussi pour avoir un réseau sur lequel vous pouvez compter si vous avez besoin d’informations, d'avis ou de ressources.
  • Faites la différence ! La réussite est très incertaine dans l’entrepreneuriat, donc faites quelque chose qui au moins fait une différence dans la vie des gens.

Le mot de la fin 

Arrêtons de dire que la France est un pays qui défavorise l’entrepreneuriat. Avec la pléthore de soutiens qu’il y a pour l’entrepreneuriat en France, les écosystèmes de connaissance, les pôles technologiques et la qualité de vie qu’on a, la France a beaucoup d’atouts pour vous aider à entreprendre.

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