Pourquoi votre banquier s'intéresse à votre CAF

Publie le 14 Décembre 2016 15:35

Nombre d’entrepreneurs auront besoin d’accéder à un financement extérieur pour lancer ou développer leur projet. Le banquier concentrera son attention sur un certain nombre de points clés du business plan, et notamment la capacité d’autofinancement. Que représente cet indicateur et en quoi est-il important ?

caf

Qu’est-ce que la CAF ?

La Capacité d’Autofinancement représente les ressources financières générées par l’unique activité de l’entreprise. Cette trésorerie disponible est utilisée pour :

  • Financer les investissements
  • Rembourser d’éventuels emprunts
  • Rémunérer les actionnaires sous forme de dividendes
  • Evaluer la solidité financière d’une entreprise
  • Augmenter le BFR pour sécuriser sa trésorerie

Comptablement, la CAF est issue du produit entre les produits encaissables et charges décaissables. D’une manière plus simplifiée, la CAF peut être calculée à partir du résultat net de la façon suivante :

CAF = Résultat de l’exercice + Charges non décaissables – Produits non encaissables

Les produits non encaissables sont constitués des produits qui ne représentent pas une entrée de trésorerie. Il s’agit alors des reprises sur provisions ou d’amortissements. Parallèlement, les charges non décaissables sont constituées des charges n’aboutissant pas à une sortie de trésorerie telle que les provisions ou amortissements.

Bien que le CAF semble être un ratio purement comptable, son interprétation est des plus importantes pour évaluer un projet. Pour mieux comprendre le calcul de la CAF, lisez cette fiche pratique

L’intérêt de la CAF pour le banquier

Lorsque l’on se présente devant un banquier pour demander un financement de son projet, celui-ci va indéniablement s’intéresser à la CAF. En effet, la CAF reflète de manière pertinente la capacité d’un projet à rembourser un éventuel emprunt. Il est alors erroné de miser son argumentaire sur le résultat net, comme le montre l’exemple de Thibault :

Thibault possède une confiserie près du parc de la Tête d’Or à Lyon. Supposons que son résultat net est de 10€ et que le total des amortissements sur l’année s’élève à 100€. La CAF de Thibault s’élève donc à 110€, car les 100€ ne représentent pas une sortie de trésorerie.
Dans l’éventualité où Thibault souhaiterait emprunter 50€ à sa banque, présenter un résultat net de 10€ ne jouera pas en sa faveur car cela signifierait qu’il aurait besoin de 5 ans pour rembourser son prêt. Or si Thibault met en avant sa CAF, l’échéancier de remboursement se voit fortement diminué.

La CAF dans le business plan

La capacité d’autofinancement apparaît dans un certain nombre de ratios financiers sur lesquels il est intéressant de se pencher. Parmi ces indicateurs à mentionner dans son business plan :

  • Dettes financières / Capacité d’autofinancement : Ce ratio va permettre de calculer la capacité de la société à rembourser ses crédits. Pour être jugé suffisant, celui-ci doit être supérieur à 3.
  • Capacité d’autofinancement / Chiffre d’affaires : Mesure le montant la proportion de CAF générée pour chaque euro de chiffre d’affaires généré. À titre d’exemple, un ratio de 45% indique que pour 100€ de chiffre d’affaires, l’entreprise génère 45€ de CAF.

Comment améliorer sa CAF ?

Plusieurs leviers peuvent être adoptés pour améliorer la CAF d’une entreprise.

A. AUGMENTER LA LIFETIME VALUE DE SES CLIENTS

Dans l’optique d’améliorer sa CAF, il s’avère intéressant d’optimiser la Lifetime Value de ses clients. En français, celle-ci correspond à la valeur à vie du client, c’est-à-dire le montant dépensé par le client pendant sa période de fidélité. À titre d’exemple, si un client achète pour 300€ de chaussures tous les ans pendant 4 ans avant d’arrêter ses achats, sa Lifetime Value est de 1 200€.

Augmenter la Lifetime Value d’un client revient à le fidéliser. Ainsi les coûts d’acquisition s’en retrouvent amoindris. De facto, la marge  par client de l’entreprise sera améliorée. Il est généralement moins cher de fidéliser un client que d’en recruter un nouveau, et cela offre en plus une certaine récurrence de chiffre d’affaires. C’est donc tout bénéfique.

Nombreux sont les restaurants ou bars qui survivent de la fidélité de leurs habitués.

B. DIMINUER LES CHARGES POUR OPTIMISER LA MARGE BRUTE

Pour rehausser le résultat et donc la CAF générée par l’activité, il est important de se concentrer sur la marge brute. Pour cela plusieurs possibilités :

  • Optimiser les charges de personnel
  • Négocier les frais d’approvisionnement avec les fournisseurs
  • Réaliser des économies d’échelles
  • Améliorer la productivité du personnel

Du côté des charges financières, il peut être tentant de les réduire en restant prudent sur les investissements. Toutefois cette stratégie est risquée à long terme car la croissance de l’activité se retrouvera vite essoufflée. Il serait alors plus intéressant de renégocier les conditions de l’emprunt pour alléger les mensualités.

C. AUGMENTER LES PRIX DE VENTE

Avant de toucher aux prix de ventes, il sera nécessaire de s’assurer que cette mesure n’aura pas d’incidence sur la clientèle. Celle-ci pourrait se détourner des produits ou services proposés pour d’autres moins onéreux. Néanmoins, si la clientèle est globalement fidèle et que la hausse des tarifs est justifiée, cette mesure constitue une opportunité d’augmenter aisément son résultat.
 

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