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Réussir sa levée de fonds comme FRED DE LA COMPTA

Publie le 29 Mars 2018 09:05

Les problématiques de levée de fonds sont parfois très mal comprises par les futurs créateurs d’entreprise. L'équipe de Fred de la compta a levé 2,3 M€ et nous explique comment dans cette interview.

 

 

réussir levée de fonds

 

 

 

 

Pouvez-vous vous présenter en 2 lignes ainsi que votre société ?


Fred est une solution de comptabilité en ligne innovante qui s’adresse aux TPE-PME. Pour cela, nous proposons une plate-forme en ligne qui permet une externalisation du traitement comptable et la mise en relation avec un expert client de la plateforme.

Pouvez-vous nous rappeler le montant de la dernière levée & son objectif principal ? Combien espériez-vous lever ?

Notre deuxième levée de fonds a été officialisée en octobre 2017, le montant s’élève à 2,3 millions d’euros. Pour rappel, notre première levée de fonds effectuée en juin 2016 était de 550 000 euros. En deux ans, ce chiffre a donc été multiplié par plus de 4. Nous sommes très honorés de la confiance que placent en nous nos investisseurs, d’autant que ce montant est supérieur à nos attentes. Effectuer une levée de fonds supérieure à ses propres prévisions prouve à mon sens deux choses. D’abord, que notre solution a un réel potentiel sur le long terme. Ensuite, que l’avenir de la comptabilité s’inscrit nécessairement par l’adoption progressive des technologies de pointe que nous utilisons comme l’intelligence artificielle et le machine learning. Grâce à cette levée de fonds, notre équipe va continuer à développer notre produit. En effet, grâce aux retours des utilisateurs et des expert-comptables, nous améliorons constamment l’expérience utilisateur de Fred. Nous continuons également à développer la notoriété de notre marque, nous investissons actuellement sur un blog d’information. Chaque semaine, nous créons des contenus à forte valeur ajoutée sur les
thèmes de la comptabilité, de l’entrepreneuriat, des nouvelles technologies et de l’économie numérique. En prouvant que Fred de la compta est plus qu’expert en la matière, nous attirerons de nouveaux prospects vers notre solution.


Quelle(s) technique(s) de valorisation avez-vous utilisée(s) ? (DCF, comparable, goodwill etc) Vos investisseurs ont-ils utilisé la/les même(s) ? Quel retour sur investissement annuel ? avez-vous proposé et comment avez-vous déterminé ce chiffre ?

Déjà, il faut bien avoir en tête que l’évaluation d’une société n’est jamais une science exacte. Vue de notre structure récente et de notre secteur d’activité, la valorisation la plus logique fut
celle du « Venture Capital ». Avec cette méthode une société est évaluée à date de revente probable, le plus souvent dans un délai de 4 à 6 ans après l’arrivée des investisseurs. Il est
généralement attendu à ce moment que l’entreprise générera un flux de trésorerie positif. On actualise ensuite la valeur de sortie estimée pour obtenir une valeur d’entrée souhaitée. Cette actualisation se fait grâce à un taux estimé de rentabilité, généralement les fonds de capital-risque tablent sur un taux compris entre 30 et 60% par an.

Quelles sont les 3 choses à ne surtout pas faire dans la préparation de la levée de fonds ?

Une levée de fonds est un processus long et intensif de travail. Il faut bien se préparer en amont pour optimiser ses chances et ne rien laisser au hasard. Les écueils à éviter sont nombreux, si je ne devais en citer que trois, je dirais :

  • Cibler les bons investisseurs

Cela peut apparaître évident, mais chaque start-up a sa propre échelle de temps qui est en fonction du marché, de l’offre du moment et de sa propre traction. Tous les investisseurs ne sont pas faits pour toutes les entreprises et inversement. Avant de se lancer dans des rendez-vous, il faut avoir une feuille de route précise : le stade de développement de mon entreprise, les besoins immatériels, le montant dont j’ai besoin, l’état d’esprit de mon équipe…

  • Bien jauger le niveau de maturité du fond pour éviter de perdre du temps.

Obtenir des rendez-vous n’est pas un problème, souvent les fonds souhaitent vous rencontrer, non pas pour investir de suite, mais pour vous repérer et vous suivre. Ces rendez-vous prennent beaucoup de temps et d’énergie pour des résultats qui n’aboutissent pas immédiatement, ne vous découragez pas et ne vous dispersez pas. Avant de rentrer encontact avec des fonds, il faut jauger leurs propres niveaux de maturité. Les fonds ne sont pas tout le temps des entités figées, souvent un fonds est lui-même composé de plusieurs fonds… Pour ne pas se tromper il faut connaître leur « time frame » et leurs autres activités.

  • Être exclusif à son fond d’investissement

Vérifiez bien que vos investisseurs n’aient pas déjà investi dans des entreprises concurrentes ou sur le même secteur d’activité. Il faut que vos relations soient transparentes, il ne faut pas oublier que trouver un investisseur ne doit pas découler d’un choix unilatéral. C’est une décision commune, l’entreprise se lance dans un pari sur l’avenir, elle ne doit pas se sentir contrainte. Il faut donc poser des questions sur les activités des investisseurs et se renseigner sur leur portfolio.

Quelle a été l’étape la plus difficile à gérer (techniquement et psychologiquement) avant et pendant le premier tour de table ?


Lors de sa phase d’amorçage, une start-up est constamment à la recherche de son business model. Elle teste, elle essaye, elle analyse la profondeur de fidélisation de ses clients, c’est du « test and learn » permanent. C’est donc compliqué de pouvoir proposer des chiffres clairs à la virgule près. Il faut évidemment être rigoureux et constamment garder en tête que bien réussir à valoriser son entreprise, c’est l’art de déjouer les incertitudes. Il faut faire preuve de patience et de pédagogie, car avant un premier tour de table on répète souvent les mêmes choses. On enchaîne les rendez-vous, les gens sont intéressés mais ne passent pas à l’action forcément.
Et si un fonds décide de te suivre, ce n’est pas gagné d’avance pour autant. Les négociations sont longues, il faut renvoyer des chiffres tous les mois. Il existe aussi un risque systémique, si un de tes investisseurs part en pleine négociation finale, cela peut bloquer tout un processus avec les autres. Enfin, la signature de la levée de fonds n’est pas la ligne d’arrivée, il faut recevoir l’argent ensuite sur les comptes en banque de l’entreprise, c’est une autre bataille !


Vous avez peut-être essuyé des refus à un moment donné de la part des investisseurs, si c’est le cas quelles étaient les raisons ?

Nous sommes entre gentlemen, les refus sont toujours très polis et les raisons invoquées restent souvent neutres et politiquement correctes.


Dans le cas où vous avez reçu plusieurs propositions, quel critère avez-vous utilisé dans le choix des investisseurs ?

Je félicite les start-ups qui sont dans ce genre de situation. C’est ce qu’on nomme des «problèmes de riches », j’espère que cela nous arrivera également un jour.

Quels sont les 3 savoir être (comportemental) du fondateur/ dirigeant facilitant une levée de fonds ?

Pour une première levée de fonds, il faut savoir que l’investissement se fait sur un projet d’entreprise évidemment mais aussi sur une personne. Les relations humaines sont primordiales et le dirigeant doit incarner le dynamisme de son entreprise. La meilleure idée du monde sans traction, sans force d’exécution ne sert à rien. Il faut assumer ses choix et faire preuve d’autorité surtout quand on sait que la réalité d’une start-up est faite de pivots. L’exemple de Critéo parle de lui-même. Lancée en 2005, cette start-up parisienne a effectué 3 pivots dans son business model avant de devenir la pépite française du « retargeting publicitaire ». Pensez-vous que cela aurait été possible auprès des investisseurs sans une équipe dirigeante convaincante ? Je ne crois pas.
Ensuite, il ne faut pas croire qu’un dirigeant n’est là que pour vendre une idée ou un produit, il doit aussi vendre sa capacité de travail, son esprit de synthèse, son humilité et son leadership. C’est un équilibre difficile mais pas impossible à trouver.


De qui s’entourer avant de lever des fonds (personnes clefs) ?

Dans le cas de Fred de la compta, je dirais une armée d’expert-comptables. Mais nous avons de la chance, car nous avions cela sous la main. Il faut aussi s’entourer évidemment de bons avocats, des personnes de confiances qui vous connaissent en tant que dirigeant mais aussi en tant qu’homme.


Sur combien d’années avez-vous établi votre prévisionnel financier ?

Nous avons tablé notre prévisionnel financier sur quatre ans.

Comment trouver la balance entre un prévisionnel optimiste et un prévisionnel pessimiste dans la préparation du pitch ?

La difficulté est d’être sexy et réaliste à la fois. Ambitieux mais téméraire. Il ne faut pas s’engager sur des chiffres intenables sinon la confiance des investisseurs s’étiole rapidement. Il ne faut pas non plus être trop pessimiste car il faut séduire des investisseurs, les convaincre de se lancer dans une aventure commune. Enfin, il faut savoir justifier chacun de ses choix. Par exemple chez Fred, nous avons ajouté en cours une ligne de budget communication, puis maintenant de création de contenus car cela est en adéquation avec notre traction et les besoins de nos clients.


Quelle est la plus grande erreur à ne pas commettre dans le prévisionnel financier ?

Lorsque l’on crée un prévisionnel, il faut toujours se baser sur plusieurs scénarii ; beaucoup de nos clients qui se lancent dans ce travail reste centré sur un scénario dit “type” qui ne se produit jamais. Hors les choses ne se passent que rarement comme prévu et c’est pour cette raison que chez Fred, nous travaillons toujours nos prévisionnels sur un ensemble de scénarii ayant des paramètres variés et des occurrences de croissance diverses. 
Parmi ces paramètres on trouve essentiellement:

  • Une distribution variée dans le panier moyen client
  • de même pour la LTV (lifetimevalue)
  • de même pour la croissance de la base clients


Enfin, auriez-vous un mot à rajouter, un conseil pour tout jeune fondateur de start-up n’ayant encore jamais levé de fonds ?

Il faut toujours savoir tirer leçon de ce genre  d’épreuves. Fort de cette expérience, je conseillerais à un jeune fondateur de se tourner autant que possible vers des modèles de levée de fonds flexibles. Il suffit parfois qu’un seul investisseur ne puisse pas débloquer de suite la somme pour que l’ensemble du processus soit bloqué. Choisissez un modèle de levée de fonds où vous n’avez pas besoin de l’intégralité de la somme pour pouvoir commencer à avancer et à travailler. La rigidité est l’ennemi d’une start-up.

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