Comment faire financer sa start-up par un fonds

Publie le 01 Mars 2017 11:39

Nous avons interviewé Vladimir Bolze, chargé d'affaire dans le fonds d'investissement Fa Dièse. Il commence par expliquer la procédure pour se faire financer et la particularité de Fa Dièse. Puis il détaille les éléments attendus dans le business plan et donne enfin ses conseils pour le rédiger. 

Vladimir Bolze

Je travaille en tant que chargé d’affaires chez Fa Dièse depuis près de 8 ans. De formation commerciale, j’ai précédemment travaillé dans une grande banque en financements structurés et dans un autre fonds.

Les fonds Fa Dièse sont des fonds d’entrepreneurs dont les souscripteurs sont des entrepreneurs et des institutionnels comme la SCOR.Fa Dièse investit dans de jeunes entreprises innovantes dès la phase d’amorçage et réinvestit, en cas de succès, aux tours de tables ultérieurs.L’originalité de Fa Dièse, c’est que les souscripteurs-entrepreneurs sont mis à contribution sur la sélection et le suivi des participations.

Fa Dièse, fonds d'investissement

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les étapes pour se faire financer par Fa Dièse ?

  1. Il faut d’abord nous envoyer un « teaser » ou un « executive summary » du projet.

  2. Si le sujet entre dans nos critères d’investissement, nous vous recevrons pour approfondir le sujet.

  3. Si cette première réunion s’avère concluante, nous solliciterons, parmi nos souscripteurs, un dirigeant d’entreprise qui mettra son expérience au service de l’instruction du dossier.

  4. Le dossier sera ensuite présenté en Comité d’Investissement si l’étude est positive.

  5. En cas d’avis favorable du Comité, nous pourrons alors discuter des termes d’investissement.

  6. La première étape consistera à signer une « termsheet » matérialisant un accord sur des conditions d’investissement définies.

  7. Puis, les avocats entreront en jeu pour préparer le « closing » (rédaction du Pacte d’actionnaires et de la documentation « corporate » entre autres).

Sur quels supports travaillez-vous ?

Nous préférons que l’on nous adresse dans un premier temps, un « teaser » (1 à 3 pages) qui nous permettra de comprendre rapidement si le dossier entre dans nos critères d’investissement. Pour la suite, nous n’avons pas de préférence (« pitch deck » agrémenté ou dossier « word ») tant que les informations sont claires et précises. Il faudra, dans tous les cas, nous faire parvenir au cours de notre étude, un prévisionnel financier détaillé sous Excel.
Nous recevons environ 800 dossiers par an et nous attachons à tous les lire.

Quelles sont les 3 principales erreurs que vous retrouvez dans les business plans reçus ?

  • Je trouve que bien souvent les fondateurs oublient de se présenter ou ne se mettent pas assez en valeur. C’est bien dommage : en amorçage, vous êtes la plupart du temps, le principal actif que compte votre entreprise !
  • Il me semble que beaucoup de demandes manquent de concision. De mon point de vue, cela ne sert à rien d’envoyer dans un premier temps un dossier complet. Il faut privilégier un format léger permettant à l’investisseur de comprendre en quelques minutes si le dossier entre dans ses critères d’investissement.
  • Trop de projets sont basés sur des idées reçues ou des postulats subjectifs. Basez-vous plutôt sur des éléments quantitatifs issus d’études de marché pour définir la taille du marché et le besoin réel que vous adressez.
  • J’en ajoute une dernière : à mon sens, de nombreuses startups sous-estiment la concurrence. Il faut au contraire ne pas hésiter à réaliser un mapping exhaustif des acteurs évoluant sur votre marché, mettre en avant vos avantages concurrentiels et ne pas simplement annoncer que vous êtes meilleurs.

Quelle démonstration attendez-vous lorsque vous lisez un business plan ?

Il faut que l’« equity story » soit cohérente et repose sur une vision claire : pourquoi, compte tenu de la dynamique du marché, votre équipe est capable de mener à bien son projet et de le transformer en une entreprise à forte croissance.

Valorisation et prévisionnel financier

Vous pouvez par exemple indiquer le pourcentage de dilution attendu lors de ce tour de table mais ce n’est pas, de mon point de vue, rédhibitoire.

Le prévisionnel financier doit être suffisamment ambitieux pour retenir l’attention d’un investisseur.

  • Mais basez-vous sur des hypothèses de chiffre d’affaires crédibles.
  • En B2C : ne sous-estimez pas les coûts d’acquisition des clients.
  • En B2B : ne sous-estimez pas le temps des cycles de ventes.

Sur quels critères se fait une décision d’investissement ?

Tout d’abord, chaque investisseur possède ses propres critères d’investissement.

Certains critères restent communs :

  • La qualité et l’enthousiasme de l’équipe sont pour nous les principaux critères d’investissement.
  • La taille, la dynamique et les barrières à l’entrée du marché ciblé.
  • L’originalité de l’offre vis-à-vis de la concurrence.
  • La stratégie d’attaque du marché.
  • La rentabilité potentielle de notre investissement à un horizon donné.

Les 3 conseils de Fa Dièse pour rédiger son business plan

  • Tout d’abord, si vous n’êtes pas à l’aise dans la réalisation d’un business plan, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un professionnel : cela vous fera gagner beaucoup de temps !
  • Comme je l’ai indiqué précédemment, évitez au maximum d’énoncer des idées reçues et intégrer plutôt des données issues d’études de marché : celles-ci ne pourront être remises en cause.
  • Faîtes un effort de présentation : il faut que votre demande soit claire et précise.

Je trouve que les fameuses « 10 slides » de Guy Kawasaki (https://guykawasaki.com/the-only-10-slides-you-need-in-your-pitch/) sont un bon point de départ pour structurer une demande de fonds à un investisseur.

Vous pouvez également regardez les modèles de business plan mis à votre disposition ici.

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