Peut-on faire faillite tout en étant rentable

Publie le 06 Décembre 2016 16:37

Il peut difficilement être envisageable qu’une entreprise avec de belles performances financières puisse se retrouver en faillite. Bien que cela semble difficile à croire, cette situation arrive souvent. Des entreprises rentables peuvent se retrouver en faillite tandis que d’autres pas rentables peuvent survivre plusieurs années. Comment une entreprise rentable peut-elle bien mettre la clé sous la porte ?

faillite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’une faillite ?

La faillite se caractérise par un manque d’actif disponible pour faire face au passif exigible. L’actif disponible est composé entre autres des comptes bancaires et des espèces. Du côté du passif exigible, on retrouve les dettes à courts termes telles que celles envers les fournisseurs.

D’une manière générale, c’est à l’initiative des dirigeants que la déclaration de faillite est faite auprès du tribunal. La procédure peut également émaner d’un créancier impayé. Le tribunal de commerce entame une procédure de redressement ou liquidation judiciaire. L’entreprise doit alors déposer le bilan dans les 45 jours.

Il est  nécessaire de souligner qu’une entreprise qui attend un encaissement important n’est pas en situation de cessation de paiement.

La faillite d’entreprise engendre un redressement judiciaire ou une liquidation par le tribunal.

La trésorerie

A. L'importance de la trésorerie

Si l’on vous présente le compte de résultat d’une entreprise avec 1 million de chiffre d’affaires et 150 000€ de résultat d'exploitation, vous vous direz sûrement que cette entreprise ne fera pas faillite dans les semaines à venir. Mais si en regardant sa trésorerie, vous constatez qu’il n’y a que 2000€, pensez-vous toujours qu’elle n’est pas en danger ?

Souvent l’accent est mis sur la génération d’un chiffre d’affaires et d’un résultat jugé intéressant. Mais l’erreur fréquente est de négliger d'autres variables : le niveau de trésorerie et celle générée. En effet, le résultat n’est pas la trésorerie. L’entrepreneur doit régulièrement se poser la question : « ai-je un niveau de liquidité suffisant pour faire face à l’ensemble de mes obligations sur le mois à venir ? »

Le tableau des flux de trésorerie prévisionnel doit alors idéalement présenter des soldes positifs pour les mois et années à venir. Dans le cas d’un solde de trésorerie négatif, l’entreprise peut se retrouver en difficulté au moment de payer des créanciers. Et si la situation persiste, la société peut faire faillite.  À l’instar d’une voiture qui n’avance pas sans carburant, une entreprise n’avance pas sans trésorerie. Une problématique qui affecte surtout les petites entreprises.

On pourrait penser que générer un important chiffre d’affaires conduit naturellement à un niveau élevé de trésorerie, mais pas nécessairement. Cela peut être le cas lorsque les délais de paiement sont défavorables.

B. L'effet de ciseaux

Lorsqu’une entreprise est en croissance, son chiffre d’affaires va augmenter. Il en va de même pour le Besoin en Fonds de Roulement (BFR).
Dans le cas où l’augmentation du BFR est plus rapide que celle du chiffre d’affaires, les réserves de liquidité peuvent se révéler insuffisantes. Le niveau de trésorerie devient négatif et l’entreprise ne peut plus financer son activité ou ses investissements.

Imaginons par exemple que la croissance induise une augmentation exponentielle du nombre de clients, et que ceux-ci paient à 60 jours alors que l’entreprise paie ses fournisseurs à 30 jours. Le BFR de la société va vite se révéler incontrôlable tandis que le niveau de trésorerie chute.

C. Exemple

Prenons l’exemple d’une société, que l’on nommera Fictive, crée à partir d’un capital d’1 million d’euros. Fictive a signé un contrat avec une chaine qui s’engage à acheter et distribuer l’ensemble de la production.

Le matériel nécessaire à la production coûte 600 000€, amortit linéairement sur 5 ans. Les coûts variables sont de 10€ par produit, dont 5€ en matières premières. Les coûts fixes sont de 10 000€ par mois. Les produits sont revendus 18€ l’unité à la chaine de distribution, et celle-ci paie 30j après la livraison. On supposera que la demande doublera à chaque trimestre. Comme le compte de résultat l’indique, les bénéfices cumulés s’élèvent à 1.6 millions à la fin du semestre.

 

 

 

 

 

 

Mais que se passerait-il si la chaine de distribution payait la société Fictive à 60 jours au lieu de 30 ? Sachant qu’il faut un mois pour fabriquer et livrer la production, le paiement ne sera reçu qu’au bout de 3 mois. On voit bien que malgré l’accroissement du chiffre d’affaires, la trésorerie ne fait que se dégrader au point de manquer de 500 000€.

 

 

 

 

 

 

Les évènements exceptionnelles

La vie d’un entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille et des mauvaises surprises peuvent toujours arriver. L’activité peut s’arrêter d’un jour à l’autre suite à un coup du sort ou des erreurs de gestion.
C’est ce qui arriva mi-juillet 2015 a Homejoy, une plate-forme de ménage à domicile qui a mis la clé sous la porte. Malgré sa levée de fonds de 40 millions d’euros et son fort potentiel de croissance, ce sont des actions en justice qui ont entrainé la chute de la startup. Son modèle reposait sur des travailleurs indépendants afin de minimiser ses coûts et gagner en flexibilité. Toutefois de nombreuses plaintes ont été déposées par ces salariés pour demander un statut de salarié.

Des circonstances qui ont rendus impossibles un deuxième tour de table, l’opération étant jugée trop risquée. La startup arrive à court de liquidité et dépose le bilan.
Une situation qui est loin d’être anodine, on se souviendra notamment de Take Eat Easy, qui a mis la clé sous la porte un an plus tard.

 

 

 

 

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