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"N'hésitez pas à solliciter votre entourage pour lever des fonds !"

Publie le 05 Mai 2015 12:08

Vous êtes en train de travailler sur votre projet d'entreprise, mais il vous manque un petit coup de pousse pour démarrer votre aventure entrepreneuriale. Les fonds d'investissement ne reviennent pas vers vous après les dépôts de vos dossiers? Et si vous vous tourniez vers vos proches? Floriane CLAUSIER vous explique comment faire et quelles sont les erreurs à éviter.

Interview de Floriane Clausier

 

 

 

 

 

 

Les questions à se poser pour voir si on est prêt à faire une levée de fonds en financement participatif

Etre prêt à faire une levée de fonds en financement participatif recouvre des réalités variées. Selon que le modèle de financement participatif choisi est le don, le don avec contrepartie, la prévente, le prêt « solidaire » (sans intérêt), le prêt intéressé ou la prise de participation, la préparation sera sensiblement différente.

Nous pouvons passer en revue les bonnes questions à se poser lorsqu’on envisage une campagne de financement participatif :

  1. Est-ce vraiment d’argent dont j’ai besoin en priorité ?
  2. Mon projet est-il suffisamment bien défini pour le présenter clairement (partie stratégie du business plan)
  3. Quel besoin en financement mon prévisionnel financier fait-il apparaître ?
  4. Quels modes de financement sont possibles et lesquels dois-je privilégier en fonction du montant recherché et de mon stade de développement ?
  5. Suis-je capable de présenter avec transparence et d’étayer pourquoi je recherche tel montant et comment sera utilisé cette somme ?
  6. Combien de temps puis-je consacrer à ma campagne quotidiennement et pendant combien de temps ?
  7. Ai-je une communauté sur laquelle m’appuyer pour créer une dynamique de lancement de campagne ?
  8. En dehors de cette communauté / mon réseau, qui pourrait potentiellement avoir envie de soutenir financièrement mon projet ?
  9. Qu’est ce qui peut les convaincre dans mon projet, mon parcours ?
  10. Quels supports de communication (illustrations, vidéos, etc) ai-je à disposition et lesquels dois-je créer pour séduire les contributeurs potentiels ?
  11. Le plan marketing (contenus, canaux, planning,...) que je viens de prévoir pour ma campagne est-il à la hauteur de mon ambition (objectif, modèle de financement, accessibilité de la cible) ?

Lorsqu’on est au clair avec toutes ces interrogations, on est prêt, il ne reste plus qu’à choisir la plateforme de financement participatif adaptée à son projet de campagne !

A noter : sur chacun des sujets, le niveau d’exigence des contributeurs potentiels est différent selon qu’il s’agit de donner un coup de pouce sous forme de don, ou d’investir son épargne en vue de gagner de l’argent. De la même manière, l’effort de persuasion est moins important quand on s’adresse à des personnes qui nous connaissent dont on a déjà la confiance que lorsqu’il s’agit de convaincre des inconnus.

Les erreurs à éviter quand on se lance à faire une levée de fonds auprès de ses proches (frères, sœurs, cousins, oncle, etc.)

Pas évident de parler d’argent avec ceux qu’on aime ! C’est un exercice dans lequel les entrepreneurs ne sont pas à l’aise. Voici quelques points de vigilance à observer pour mener à bien une levée de fonds auprès de ses proches (ou campagne de Love Money).

Maîtriser son sujet.

Tout ce qui touche à l’argent (même celui de l’amour) en France est très réglementé. Si vous ne connaissez pas ces règles, vous vous en remettez à la chance pour faire les bons choix pour votre entreprise, pour vous et vos soutiens.
Or, rares sont les entrepreneurs qui savent si il est préférable que ce soit l’entreprise qui emprunte ou eux-mêmes et pourquoi, que signifie donation et à partir de quel montant un don devient une donation, quels sont les avantages et impacts de l’ouverture du capital, etc
Bref, il est préférable de se renseigner finement ou de se faire accompagner.

Préparer sa stratégie en amont.

Une fois que la meilleure option pour le projet est déterminée, on peut préparer son plan d’attaque. Comment s’y prendre, qui solliciter ? Quel montant minimum et maximum, quelles modalités ?
Sans devenir inflexible, l’idéal est de se fixer un cadre duquel il ne faut pas trop sortir. En effet, si les modalités de soutiens sont trop disparates il faut s’attendre à devoir l’expliquer un jour.

Manier le mélange des genres avec habileté.

Une autre erreur fréquente est de mal calibrer son discours.
C’est sur, ceux qui vous connaissent ne vont pas décortiquer votre business plan, ou faire des audits comme le ferait un fonds d’investissement. Mais cela ne dispense pas d’une présentation professionnelle. Le minimum est de mettre à disposition de chacun une présentation du projet, de la vision, de la destination des fonds et un rappel sur la cohérence homme / projet.
Pour réussir la levée, il faudra étayer ces éléments factuels en plus d’adapter (avec subtilité) sa présentation en fonction de l’interlocuteur (son driver est-il affectif, financier, fiscal, idéologique, nostalgique).

Faire rêver … mais avec réalisme.

« Ah oui et aussi, il faut savoir que ton argent va se transformer en fumée derrière les réacteurs de ma fusée qui n’atterrira peut-être jamais » : c’est beaucoup moins agréable à discuter que les courbes exponentielles de chiffre d’affaires. Mais l’échec fait parti de l’entrepreneuriat, il est conseillé de n’accepter l’argent de son entourage que si ils peuvent se permettre et acceptent de le perdre.

Savoir parler du risque à quelqu’un qui nous confie son argent dans l’espoir de le revoir est une qualité d’entrepreneur à développer.
Une bonne pratique consiste à lister les risques inhérents au projet et détailler les actions qui seront menées pour les dépasser. Cela démontre professionnalisme, sens des responsabilités et honnêteté.

Formaliser.

Qu’il s’agisse de donation, de prêt ou de prise de participation au capital, il existe certaines obligations ou fortes recommandations déclaratives et fiscales. Il est impératif de les connaître et de les réaliser afin de ne pas se mettre, soi et les soutiens, dans l’illégalité.
De plus, coucher sur papier (sous seing privé ou devant notaire selon les montants en jeu) les accords pris oralement permet de cadrer la relation, évitant ainsi incompréhension ou malentendu pouvant donner lieu à des litiges ultérieurement. (Contrat de prêt ou reconnaissance de dette, et pacte d’actionnaire le cas échéant).

La levée de fonds en Love Money demande donc de prendre certaines précautions mais est un des moyens les plus rapides et accessibles pour financer son entreprise.

Les entrepreneurs sont souvent démunis face à cette source de financement. Ils ont besoin d’outils et d’accompagnement. C’est pour cela que j’ai créé StartingList , qui permet de compléter son apport personnel « facilement », sans enjeu juridico-fiscal fort puisqu’il s’agit de dons de petits montants.
 

Apprendre de ses erreurs : essayer, mesurer, analyser et réajuster

Le lancement opérationnel de StartingList date du début de l’année, je ne suis donc pas encore à en tirer des conclusions définitives en termes de ratés ou de réussites.

Néanmoins, je me suis rapidement rendu compte que j’avais surestimé la viralité spontanée de la solution StartingList et sa lisibilité pour le grand public. C’est un écueil assez fréquent des entrepreneurs portés par leur enthousiasme ! Convaincus par la pertinence de notre offre, sa valeur ajoutée « évidente » sur son marché, il arrive à beaucoup d’entre nous de sous-évaluer les efforts marketing à réaliser pour faire connaître et acheter notre solution.
Les erreurs ne sont pas très graves à mon sens. Ce à quoi je tiens c’est que l’on se donne les moyens d’agir. Pour cela, on s’impose un minimum de rigueur pour viser l’amélioration continue : on essaye, on mesure, on analyse et on réajuste.
Mes premiers constats m’amènent à repositionner certains choix et accélérer des évolutions qui étaient prévues plus tardivement… Bientôt des nouveautés donc !

Des conseils aux entrepreneurs

Compte tenu de mon observation quotidienne du financement des créations d’entreprise, si j’avais un conseil à donner ce serait de ne pas hésiter à solliciter financièrement son entourage.

Les financements traditionnels en phase amorçage et lancement sont assez rares. Obtenir le soutien financier de certains membres de son réseau est un atout indéniable pour renforcer la solidité et la crédibilité de son projet afin de faire levier pour décrocher des financements complémentaires.

Je suis convaincue qu’avoir su fédérer quelques membres de son entourage deviendra une norme et même une exigence de la part des autres financeurs dans les années qui viennent. A l’heure actuelle, c’est encore un moyen de se démarquer en augmentant considérablement le capital confiance porté au couple homme/projet.

De plus, que ce soit sous forme de dons, prêts ou prise de participations au capital, les personnes qui connaissent un entrepreneur acceptent majoritairement de le soutenir. Cela représente pour eux un moyen d’exprimer leur affection, leur encouragement et dans beaucoup de cas, de se sentir un peu entrepreneur eux-mêmes.

Mot de la fin

Merci de votre intérêt. Au plaisir d’échanger sur vos projets de créations d’entreprise. 

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