Concours pour entrepreneurs : erreurs à éviter

Publie le 20 Octobre 2016 14:50

Lorsque l'on participe à un concours pour entrepreneurs, il y a des écueils à éviter pour ne pas se faire éliminer rapidement. Julien de Freyman, Professeur Assistant au Département Entrepreneuriat & Innovation du groupe ESC Troyes, organise un concours de business plan chaque année. Il nous livre ici ses conseils pour taper dans l'oeil du jury et nous donne quelques erreurs à éviter. Un retour d'expérience précieux !concours de business plan

 

Qu'est-ce qu'un bon business plan ? 

Un bon business plan est un business plan utile pour celui ou celle qui le rédige. On ne parle pas seulement d’un outil de communication à destination de partenaires futurs, même si cette fonction est essentielle pour la levée de fonds notamment. On est en présence d’un vrai document de travail. L’entrepreneur va pouvoir y formaliser sa réflexion, y interroger la cohérence de son projet et en explorer les dimensions clés (nature du besoin, définition de l’offre, étude de marché, analyse concurrentielle, construction du modèle économique, plan de communication, plan d’actions, etc.).

De façon globale, on peut dire que le bon business plan doit définir avec précision les objectifs et les moyens que l’entrepreneur entend déployer pour développer son affaire. Il lui offre des certitudes sur la viabilité et la faisabilité du projet, tout en établissant une feuille de route.

 

Pour autant, il est important que le document produit ne soit pas trop long, quitte à en devenir frustrant pour son auteur (une dizaine de pages suffit largement). L’objectif est d’être clair et concis, pour sa compréhension propre tout d’abord, mais également pour favoriser celle des personnes que l’on cherche à convaincre. L’entrepreneur a également tout à perdre à manquer d’objectivité et de réalisme dans la rédaction de son business plan : il faut y voir une perte de temps et d’argent, mais aussi un déficit de crédibilité à venir.

En revanche, il se rendra service en déterminant des objectifs quantifiables sur lesquels il pourra facilement revenir au fil des semaines et des mois pour juger de son évolution et des écarts éventuels avec le plan d’affaires initial.
 

Dans un business plan lors d'un concours pour entrepreneur, quelles sont les erreurs à  éviter ?

Les étudiants oublient parfois que le business plan est aussi un outil de communication. Ils ne font pas toujours l’effort de le formater en fonction des attentes du destinataire, si bien que l’histoire du projet peut-être mal vendue, tout comme le besoin auquel celui-ci entend répondre. Ils éprouvent des difficultés à définir l’essentiel, pensant à tort que le volume d’informations prime sur la cohérence et la clarté perçues du projet.

L’expérience montre, en matière de contenu, que certains d’entre eux ont tendance à sous-estimer l’importance de l’étude de marché. Ils n’y consacrent pas toute l’énergie qu’ils devraient, avec des échantillons parfois peu représentatifs du marché ciblé, voire de convenance (amis, famille et/ou collègues). Leur définition trop large du marché favorise souvent ce phénomène. C’est extrêmement dangereux, au même titre que des approches financières approximatives.

Certains font preuve aussi d’un optimisme débordant dans la rédaction de leur business plan. On y trouve des chiffres d’affaires élevés, des besoins en fond de roulement minimalistes, des scénarios pessimistes très avantageux, des plans de communication imparables, des concurrents compréhensifs et statiques, etc. Autant de certitudes que les chefs d’entreprise ont vite fait d’ébranler lors de leurs échanges avec les étudiants.
 

Pour remporter un concours pour entrepreneurs, qu'est-ce qui fait la différence ? 

Les délibérations du jury ont récompensé les projets entrepreneuriaux dont la valeur ajoutée était la plus forte. Ils se sont appuyés sur l’analyse des besoins et des solutions apportées par les étudiants pour y répondre. Les vainqueurs des deux catégories (ENVOL et EMERGENCE) ont eu en commun de porter un projet original, de le faire reposer sur des études de marché solides et d’afficher une cohérence à toute épreuve.
 
La composition des équipes a sans doute également pesé sur la qualité des business plans et des projets développés. Celles-ci présentaient des profils d’étudiants complémentaires, chacun ayant essayé de se mettre au service du projet là où son domaine de compétences le permettait.
 
Pour essayer de remporter un concours de business plan, je conseille aux participants :
  • D’avoir un discours clair, cohérent et structuré (ne pas hésiter à raconter une histoire qui aurait la découverte du besoin pour point de départ)..
  • De démontrer la faisabilité du projet et la viabilité du modèle économique (une étude de marché rigoureuse est un levier de persuasion efficace).
  • D’aller à l’essentiel, notamment dans la définition de sa stratégie et de son plan d’actions

Conclusions

Les chiffres le montrent : l’idée de se mettre à son compte et de lancer sa propre affaire trotte dans la tête de pas mal de personnes. Seulement, ils sont encore (trop) peu aujourd’hui à donner de la consistance à cette idée et à franchir le pas de la création d’entreprise. Le business plan est pourtant un outil formidable pour y parvenir. C’est un véritable catalyseur de projet qui, fait en toute rigueur, permet d’en aborder sereinement le potentiel.  Il rassure et encourage à la fois. De quoi éviter bien des regrets quand il s’agira de se retourner dans quelques années.


 

Catégorie: 
PARTAGER CET ARTICLE

Ajouter un commentaire