Tout comprendre sur l'EBITDA (ou EBE)

Publie le 11 Octobre 2016 17:11

L'EBITDA est un indicateur comptable financier, originaire des États-Unis, et qui équivaut à l'excédent brut d'exploitation en comptabilité française. Il n'existe pas de règle précisant clairement son mode de calcul et son interprétation diffère encore de pays en pays. Nous vous proposons alors une fiche pratique afin de faire la lumière sur cet indicateur.

 

EBITDA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce que l’EBITDA ?

EBITDA est un sigle anglais pour « Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization ». Cet indicateur mesure les revenus d'une entreprise avant soustraction des intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions. Il représente ainsi la richesse dégagée par l'activité afin de la comparer à celle d’autres entreprises, indépendamment des différences de traitement comptables.  L’idée est de mettre de côté tout ce qui n’est pas lié au fonctionnement habituel de l’entreprise.

Comment le calculer ?

N’existant pas de méthode de calcul clairement définie, les professionnels choisissent généralement entre ces deux méthodes pour calculer cet indicateur.

  • À partir du chiffre d’affaires (méthode soustractive): 

EBITDA = Chiffre d’affaires hors taxes – Achats et charges externes – Charges de personnel – Autres charges

  • À partir du résultat (méthode additive)

EBITDA = Résultat net comptable + Charges financières + Impôts et taxes + Dotations aux amortissements et provisions

Quelle est l’utilité de l’EBITDA ?

A. Le calcul de certains ratios

L’EBITDA mesure la richesse dégagée par le cycle d’exploitation d’une entreprise. On le retrouve alors dans certains ratios de rentabilité. À titre d'exemple:

  • Le ratio financier EBITDA/Chiffre d’affaires : permet de calculer la rentabilité opérationnelle de l’entreprise. Ce ratio répond à la question: pour X euros de CA généré par l’activité, quels revenus seront dégagés par l’unique cycle d’exploitation ?
  • Le ratio Dette/EBITDA: les banques apprécient la stabilité relative de l’EBITDA et l’utilisent pour mesurer la capacité de l’entreprise de remboursement d’un porteur de projet. Si l’endettement est trop important ou si l’EBITDA est trop faible, l’entreprise peut éprouver des difficultés à rembourser sa dette. Ce ratio sera considéré comme bon en dessous de 2,5, acceptable en dessous de 3 et très mauvais au-dessus de 5, selon le site ratioratingranking.blogspot.com.

B. Une aide à la valorisation des entreprises

Dans le cadre d’une cession d’entreprise, le prix de cession s’exprime souvent en multiple de l’EBITDA. Pour le repreneur, c’est une méthode assez simple pour estimer le retour sur investissement. Si l’EBITDA est autant utilisé, c’est qu’il représente un ratio universel : il est compris et connu de l’ensemble des acteurs de la fusion acquisition à travers le monde.

Selon le secteur d’activité, la société  est valorisée différemment en fonction de son EBITDA. Ainsi, une étude EY révèle que dans le secteur agroalimentaire, la valorisation d’une entreprise s’effectue sur la base de 12 fois l’EBITDA en moyenne, tandis que le multiple tombe à 5 dans le secteur pétrolier.

Comment interpréter un EBITDA ?

A. EBITDA positif

Un EBITDA positif reflète la rentabilité de l’entreprise au niveau opérationnel. Néanmoins cela ne signifie pas qu’elle est bénéficiaire car l’EBITDA ne prend pas en compte la politique d’investissement, de financement et l’impact des impôts et taxes.

B. EBITDA négatif

Un EBITDA négatif est un très mauvais signe envoyé aux investisseurs. il signifie que l’entreprise n’est pas profitable au niveau de son cycle d'exploitation.

Ces interprétations sont toutefois à nuancer car l'EBITDA est un indicateur incomplet.

Les limites de l’EBITDA

Malgré son utilité, la pertinence de l’EBITDA dans l’évaluation des performances d’une entreprise connaît quelques limites.
Tout d’abord, l’utilisation de l’EBITDA pour comparer des entreprises n’a de sens que si celles-ci opèrent au sein du même secteur. Sans compter que, faute de définition précise de cet indicateur, les entreprises n’utilisent pas toutes les mêmes formules de calcul... Il convient alors d’être prudent quant à une analyse comparative qui repose sur un EBITDA. Il s’avère d’ailleurs souvent nécessaire de retraiter cet EBITDA afin de le « normaliser ».

De plus, même si l'EBITDA d’une entreprise est positif, cela n’est pas toujours suffisant pour s’assurer qu’elle crée de la valeur. Car en effet les amortissements ou les frais de financement, par exemple, ne sont pas considérés dans le calcul, et peuvent venir tenir la profitabilité de l’entreprise. Ceci est particulièrement vrai dans le secteur de l’industrie lourde. Le montant des amortissements est très important, au même titre que les frais financiers, car ces investissements sont souvent financés par de la dette.

Exemple de calcul de l’EBITDA

Imaginons la société Karl’Age avec le compte de résultat suivant :

Chiffre d’affaires : 1 000 000€
Achats : -400 000€
Charges externes : -100 000€
Autres charges d’exploitation : -50 000€
Impôts et taxes : -30 000€
Charges de personnel : -200 000€
Dotations aux amortissements et provisions : -70 000€
Résultat d’exploitation : 150 000€
Résultat financier : -50 000€
Résultat courant avant impôts : 100 000€
Impôt sur les bénéfices : 33 333€
Résultat net : 66 667€

Avec les deux méthodes de calcul que nous avons énoncés plus haut, on retrouve le même EBITDA :

Méthode additive = 66 667 + 33 333 + 70 000 + 30 000 + 50 000 = 250 000 €
Méthode soustractive = 1 000 000 – 400 000 – 100 000 – 50 000 – 200 000 = 250 000 €

Si vous souhaitez créer ou reprendre une activité, vous devrez porter une attention particulière à cet indicateur. Mais l'EBITDA n'est pas la seule source de difficultés lorsqu'il s'agit d'effectuer les prévisions financières de son projet. C'est pourquoi nous vous proposons aujourd'hui notre logiciel excel de réalisation votre business plan et de votre prévisionnel entièrement automatisé.

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