Le business du "jus de cerveau"

Publie le 23 Juillet 2013 10:24

 

Nouvel interview dans notre dossier sur les business models. Arnaud Bonnefond, 40 ans, est le fondateur d’Inventive, une solution en ligne pour tester, faire émerger et industrialiser les idées des particuliers. Issu d’une formation d’ingénieur, il a suivi un parcours classique en R&D puis en tant que consultant et manager, avant de se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat.

 « Le jour où j’ai réalisé que notre « jus de cerveau » était non seulement notre principal atout, mais que nos innovations donnaient du sens à notre individualité dans la collectivité, j’ai décidé de créer Inventive. »

Une startup qui cadre et accélère l’innovation

En 2001, j’ai réalisé que l’avenir n’était plus à l’industrie classique ni technologique, et que les problèmes économiques (déjà à l’époque) préfiguraient des transformations sociétales profondes, où les idées tiendraient lieu d’Eldorado économique et social pour notre civilisation. Les idées du grand public en sont une part importante, et le fait est qu’elles ne sont que très peu exploitées aujourd’hui. Heureusement les entrepreneurs nous prouvent qu’il est tout à fait possible de transformer de bonnes idées en innovations, et ce mouvement ne va faire que s’amplifier.

Le concept d’Inventive est ultra-simple : nous vendons les idées du grand public aux entreprises.

Inventive est une start-up d'Open Innovation de nouvelle génération : elle s'adresse à la foule des salariés ou des consommateurs afin de faire émerger, grâce à un procédé unique, des idées, des tendances et des besoins de marché. Le concept est original et unique au monde : en agrégeant une plateforme web avec des techniques de "jeux sérieux", de votes, des méthodes internes de créativité, d'analyse et de développement, l'équipe parvient à industrialiser les idées "de la foule" pour ne retenir et enrichir que les innovations pertinentes pour la compétitivité des entreprises. Une fois qualifiées, seules les innovations pertinentes peuvent être acquises par l'entreprise, ce qui permet à chaque acteur de rentrer dans une partie "gagnant-gagnant" ; les particuliers cédant la propriété intellectuelle de leurs idées ou brevets à un prix juste et attractif, avec le plaisir de voir leurs idées prendre vie.

Logo d'Inventive

Un business model directement lié au potentiel des idées

Notre business model est très simple, l’effort financier est proportionnel au potentiel de transformation en innovation, et il est principalement porté par celui qui veut « faire émerger » l’innovation : si c’est un particulier qui veut connaître le potentiel de son idée, il paiera 12€ pour accéder à un QCM d’évaluation ; s’il veut faire lui-même son étude d’idée transformée en innovation, ce sera 120€ ; si Inventive s’en charge ce sera 600€ ou 1.200€. C’est bien moins coûteux qu’un cabinet de conseil car notre marge est nulle à ce stade, et nous prenons ensuite 10% du montant en cas de vente. Même principe du côté des entreprises : un simple concours d’appel à l’innovation auprès de nos Créateurs ne coûte que quelques milliers d’euros (en plus de l’éventuel coût d’achat des idées auprès de nos Créateurs) ; à l'extrêmité de notre business model B2B, nous développons des solutions sur mesure « plateforme web + analyses big data + études de nos experts » qui nécessitent des prestations récurrentes à chaque nouvelle thématique.

Un business model qui s’est façonné au fil du temps

Nous n’avons pas fondamentalement changé de business model, par contre nous avons repositionné les priorités (B2B au lieu du B2C), modifié les tarifs, les conditions d’accès, enrichi certains services. Le changement le plus important a surtout consisté à réduire le nombre d’offres et à le simplifier, tant sur le discours que sur l’adéquation service-client-tarif.

Aussi, nous avons eu (et nous avons toujours) plein d’idées de business model différents ! Surtout dans le secteur IT et des services, il y a tellement de possibilités... Le business model est comme un instrument de musique dans un orchestre : il faut que son rythme musical soit en phase avec le reste (l’offre, le marché, les équipes, les développements,...), il faut donc régulièrement remettre en question son business model, tout en ne perdant pas de vue qu’un changement aura des impacts importants sur la vélocité de l’entreprise.

La force du modèle économique : sa diversité…

La force de notre business model est, sans hésiter, la diversité des marchés adressables. Notre solution unique créée un écosystème de particuliers intéressés pour vendre leurs idées (et ne pas créer leur entreprise), des particuliers intéressés pour investir dans des brevets, source d’une économie réelle et des entreprises en manque d’oxygène d’innovations. Ces 3 marchés sont autant de sources de revenus.

La faiblesse du modèle économique : sa diversité …

Comme pour beaucoup de choses, un choix initial structurant impose souvent des effets négatifs. Dans notre cas, la création d’un écosystème d’au moins 2 marchés différents (le « C » et le « B ») nécessite une phase de démarrage centrée sur des thématiques spécifiques pour entrainer un modèle vertueux. Dans notre cas, nous développons d’abord une communauté d’entreprises et de particuliers sensibles aux secteurs d’activité de l’automobile, du brico-déco, des médias et de l’innovation dans les collectivités locales.

Le graal des business models

Le Graal des business models est pour moi celui de Google, car il est complètement intégré à la stratégie de développement (croissance) de l’entreprise, une entreprise qui a le courage d’essayer en permanence, qui réfléchit à chaque business model par produit, qui les adapte en fonction des résultats et de la situation pour chaque marché, surveille et analyse les comportements, modifie, améliore, stoppe ou accélère. Chez Google, chaque business model n’est pas une contrainte pour obtenir des revenus, c’est un soutien actif au développement du marché visé et complètement intégré à la stratégie globale de la ligne de produits !

Quelques conseils pour identifier un business model adapté

Le plus important selon moi est l’alternance permanente entre des moments d’échanges et des temps de réflexion personnelle. Vous identifiez un business model viable, vous le mettez en place ? Bien, mais ne vous arrêtez pas là : discutez de votre activité avec d’autres personnes qui vont réagir différemment par rapport à leurs propres expériences et compréhensions de votre modèle économique. Vous apprenez, vous prenez en compte (ou pas :-), puis suivra naturellement une phase de confrontation avec la réalité... qui vous interpellera si votre business model n’est pas satisfaisant. Cela parait évident, mais il est vital que ces échanges soient réels : lire de la documentation ne suffit pas, il faut présenter votre projet (et son business model) auprès de collègues, d’amis, de clients, de réseaux. Toutes précautions prises en ce qui concerne la confidentialité de votre projet évidemment.

Le mot de la fin

Le slogan d’Inventive est : « Le monde est riche d’idées ». Et bien cela s’applique aussi aux entrepreneurs : soyez riches d’idées ! Votre imagination et votre ouverture d’esprit sont vos plus belles armes pour concevoir le business model de votre entreprise.

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Commentaires

Par FP Vallet le
Bravo Arnaud pour cette start-up et cet accélérateur d'innovations !   Et plus encore pour l'avoir lancée à l'âge de 28 ans, dès 2001 ! Suis moi-même éditeur, avec un business model tourné vers économie et innovation, en remise en cause permanente. J'avais pensé à une création d'entreprise similaire, à l'âge de 19ans, avant que l'ère d'internet ne vienne démultiplier les innovations du Minitel, qui avaient déjà rendu riche Xavier Niel... Au plaisir de vous rencontrer, pour un partenariat. Francois P. VALLET    

Merci François. N'hésitez pas à me proposer une rencontre sur l'adresse email contact (at) inventive.tm.fr Amicalement, Arnaud Bonnefond

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